L'aigle à deux têtes - Jean Cocteau (Vie de château - le billet de Lison)

Publié le par Pimpi

Dans le cadre du défi Vie de Château, Lison, qui n'a pas de blog, m'a envoyé sa première contribution... voici donc son avis sur la pièce de Jean Cocteau, L'Aigle à deux têtes...


 

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J'aime Cocteau depuis... mon enfance avec le film "La Belle et la Bete" et je trouve qu'on oublie un peu sa valeur littéraire et ce qu'il a représenté pendant de nombreuses années dans le paysage culturel avec sa créativité à tous les niveaux, livres, dessins et films.

 

AigleADeuxTetes.jpg

 

L'aigle à 2 têtes: pièce inspirée par la mort de Sissi par un anarchiste, c'est le point de départ.

Une reine dont le mari a été assassiné le jour de son mariage, dix ans auparavant, et qui s'est réfugiée depuis sous un voile et dans le refus de la réalité et de ses responsabilités de reine (au plus grand bonheur de sa belle mère et du ministre de la police qui en profitent pour lui mettre tout ce qui ne va pas sur le dos et susciter contre elle des mécontentements) espionnée par sa lectrice et qui a un amoureux transi qui n'a pas vu son visage depuis 10 ans
un anarchiste tout jeune homme qui veut l'assassiner et qui déboule dans sa chambre un soir d'orage, alors qu'elle va feter ses 10 ans de mariage en dinant avec le fantome de son mari.
Or l'anarchiste est le sosie du roi défunt ce qui va empecher la reine d'appeler immédiatement sa suite et permettre un dialogue.

3 actes qui permettent l'exposition de la situation, l'aveu de l'amour qui saisit les héros alors que tout les oppose et la connaissance des intrigues qui entourent la reine, et le dénouement tragique alors  que la reine avait pris la décision de sortir de son isolement et de son renoncement.

Si j'ai trouvé le 1er acte finalement un peu long, au fur et à mesure que je lisais la pièce j'étais prise par les dialogues entre la reine et Stanislas, la tension qui montait entre eux, la scène finale où la reine  provoque Stanislas jusqu'à ce qu'il fasse ce pour quoi il était venu le 1er soir...
Le spectacle de l'humanisation de cette reine qui s'est forgé un personnage inaccessible (et qui ne peut en définitive le quitter, et affronter la réalité de l'exercice du pouvoir).
Celui de l'anarchiste qui se découvre manoeuvré, et qui essaye, seul personnage idéaliste grace à sa jeunesse qui n'a pas eu le temps de faire les arrangements que la vie entraine immanquablement, de réaliser ses idéaux: meme s'ils changent, c'est toujours la meme volonté de vérité, de dévouement, le meme dégout des manoeuvres tortueuses et des mensonges.
Les intrigues et manoeuvres d'un gouvernement à travers le personnage du ministre de la police, une sombre araigne qui tend ses filets,  et les petites mains  avec le personnage de la lectrice espionne (qui me semblent bien les seuls personnages "réalistes " de cette pièce!).

J'ai été vraiment contente de relire cette pièce et de ce défi qui m'a permis de le faire !

 

 

chateau16

Publié dans Théâtre

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