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Romans historiques

Lundi 14 septembre 2009



Eugénie, fille du roy, premier tome d'une trilogie, est une fresque historique décrivant l'odyssée de la jeunesse française venue s'établir en Nouvelle-France selon les politiques coloniales du XVIIe siècle.
La traversée de 1666 est le point de départ d'une idylle entre Eugénie Languille, une fille du roy, et François Allard, un engagé qui deviendra colon et artisan à Charlesbourg. L'héroïne devra contourner les manigances des dirigeants coloniaux et faire patienter son amoureux pour tracer sa propre destinée, alors que le pouvoir politique et religieux avait pour objectif d'accélérer le processus de peuplement de la Nouvelle-France par le mariage-éclair des filles du roy.

Puisant dans sa propre généalogie, René Forget raconte ce fragment palpitant de l'histoire du Québec, déterminante pour bon nombre de Québécois.

 

 

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Cela faisait quelques temps que je voulais lire un roman autour de l’aventure des filles du roi, des orphelines dotées par le roi de France pour aller épouser un colon en Nouvelle-France, afin de favoriser le développement de la nouvelle colonie.

 

Ce roman est le premier tome d’une saga qui en compte quatre, à ce jour, contrairement à ce que dit la quatrième de couverture (faut croire que l’auteur a changé d’avis !). La saga entière tourne autour d’Eugénie Languille et de sa descendance. Eugénie Languille, comme toutes les filles du roy, est une orpheline qui a décidé, de sa propre volonté, de partir en Amérique pour enseigner la religion, surtout, aux sauvagesses. Bien que centré autour d’elle, ce premier tome est bien plus large et raconte l’histoire de plusieurs filles du roi parties trouver leur fortune au pays des Iroquois.

 

Ce premier tome démarre assez lentement, en commençant par présenter les différents protagonistes, Violette Painchaud, Eugénie Languille, François Allard, notamment. Tous ont souffert. Les jeunes filles sont orphelines, François a perdu sa fiancé dans des circonstances affreuses. Tous ont également entendu parler de la Nouvelle-France et de ses beautés, mais aussi de ses dangers. Eugénie souhaite enseigner aux sauvagesses, comme sont appelées les filles autochtones, François veut s’établir en tant que colon et devenir propriétaire d’une terre en Nouvelle-France, avec l’espoir d’un meilleur destin que celui que lui proposait la France et sa Normandie natale. Violette, au physique ingrat, espère trouver le bonheur de l’autre côté de l’océan.

 

Ce roman s’attache surtout à raconter les préparatifs du départ, les conditions pour l’octroi de la dot du roi, la rencontre entre les différents personnages, puis, la traversée. Traverser l’Atlantique dans les années 1660, c’était loin d’être aussi facile et confortable qu’aujourd’hui. Les tempêtes faisaient beaucoup de morts, la France était encore en guerre avec l’Angleterre, alors il fallait veiller à ne pas croiser de navire anglais avant d’atteindre le grand large (ce qui n’est pas forcément facile quand le bateau part du port du Havre), et surtout, il fallait se prémunir contre le scorbut, cette maladie qui emportait les colons et filles du roi par centaines, pauvres âmes qui périssaient avant même d’avoir pu voir à quoi ressemblait la terre vers laquelle ils partaient. On était loin de La Croisière s’amuse !

 

Sur le bateau, engagés et filles du roi se découvrent, les amitiés se nouent, les amourettes se développent. Mais à l’arrivée du bateau, d’abord à Gaspé, où le capitaine peut faire commerce avec certains autochtones et échanger des épées contre de la viande d’orignal, puis à Tadoussac (ah ah, j’y étais, j’y étais) et enfin à Québec, le « terminus », les choses sérieuses commencent vraiment. Les filles doivent choisir un époux déjà installé, colon ou aristocrate, selon leur rang social et l’épouser sous trois semaines, sinon, elles perdrent leur dot (je ne sais pas jusqu'à quel point c'est vrai, par contre...). La réalisation des couples ressemble un peu à Tournez-manège, les garçons indiquent leur préférence et les filles choisissent. Emballez, c’est pesé, pour le meilleur et pour le pire. Le but ultime : faire des enfants et peupler la colonie, pour qu’elle survive. Les filles du roi avaient même des « primes » à partir du cinquième enfant (ou du septième, je ne sais plus), pour dire ! (là encore, je pense que c'est assez vrai, mais je ne sais pas jusqu'à quel point... une histoire à creuser!)

 

Mais Eugénie, elle, hésite. Contrairement à Violette ou aux autres filles, elle ne veut pas se marier à tout prix, elle veut enseigner aux sauvagesses. Elle pourrait prendre le voile et devenir ursuline, mais l’appel de Dieu se fait attendre, elle n’a pas complètement la vocation. Les hommes, avec leurs pulsions charnelles, la déçoivent. Pas un n’est capable de respecter son vœux de rester pure jusqu’au mariage. Tous essaient de la prendre de force. Il faut dire qu’elle est belle comme un cœur ! Mais son cœur, à elle, reste indécis, et pense encore à un engagé qu’elle a rencontré sur le bateau…

 

On suivra ensuite l’évolution des vies de chacun, pendant quelques trois ans. On apprendra comment a tourné le mariage des unes et des autres, comment les engagés (qui, comme leur nom l’indique, s’étaient engagés en France à servir qui voudrait d’eux en Nouvelle-France, et qui pouvaient prétendre au titre de colons au bout de 3 ans de résidence, si je peux m’exprimer ainsi) ont trouvé employeur et, plus tard, des terres. On apprendra surtout le choix qu’a fini par faire Eugénie…

 

Chers lecteurs, j’ai beaucoup aimé ce roman, qui a parfaitement répondu à mes attentes et a satisfait ma curiosité. Cette époque de l’histoire m’intéresse beaucoup et il est clair que René Forget connaît bien son sujet. Les faits, bien qu’inventés et romancés, dépeignent des situations réalistes, que je pouvais tout à fait me représenter. Ce roman se lit par ailleurs très vite et après les premières pages de présentation, qui, bien qu’intéressantes et indispensables, sont un peu fastidieuses, on se sent vraiment happé par l’histoire et on tourne les pages sans s’en rendre compte.

 

Ce roman fournit également beaucoup de renseignements sur la vie à cette époque, les relations avec les iroquois, les tortures qu’ils sont capables de faire subir aux colons, les règles édictées par le roi quant au mariage de ses filles, etc., La grande Histoire, racontée par la petite histoire… c’est ce que j’aime le plus dans les romans historiques.

 

En résumé, donc, un livre que je vais finalement acheter, avec les suivants (dès que j’aurais un peu diminué ma PAL !!) et que je recommande à tous ceux que cette période intéresse !

 


Eugénie, Fille du Roy

René Forget

Édition Lanctôt

410 pages

4 /5

 


Ce livre n’entre pas dans le défi Objectif PAL, puisque je l’ai emprunté à la bibliothèque !!! Je sais, ça n’avance pas vite, ce défi !!! Comme les autres, d’ailleurs. Je pense que je vais garder tous mes défis l’an prochain !

Par Pimpi
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Mercredi 19 août 2009

La grande aventure, c'est la naissance d'une nation. Et il n'est de naissance sans femme pour la donner. Thérèse Cardinal débarque en Nouvelle-France en 1653 et prend aussitôt conscience d'un pays à construire. Laissant les hommes à leurs grandes affaires (guerres, intrigues, commerce et pouvoir), elle lutte pour l'apprivoisement du quotidien, l'instauration de traditions et d'institutions, la pérennité d'une race nouvelle. Cette femme fière et belle, qui fait fi des convenances pour vivre sa vie comme elle l'entend, est une héroïne de la première génération, creuset d'une fierté jamais démentie qui continue encore de dicter l'histoire de ce pays atypique qu'est le Québec.

Publiée pour la première fois à Paris en 1983 sous le titre Vadeboncoeur, cette chronique de la vie à Ville-Marie au XVIIe siècle a connu un grand succès et a fait l'objet de trois autres parutions. La présente édition a été considérablement revue et remanié pour devenir le premier tome de la saga La naissance d'une nation.

 

Je cherchais à lire des romans historiques relatant les premières décennies de mon pays d’adoption et en fouillant sur les rayons d’une librairie, j’ai trouvé ce roman, qui semblait correspondre à ce que je cherchais (en fait, je voulais un roman parlant plus spécifiquement des Filles du roi, mais le livre que je voulais lire est en plusieurs tomes et le premier n’est pas encore revenu à la bibliothèque, je me suis donc rabattue sur celui-ci, mais je m'égare, chers lecteurs).

 

Premier tome d’une trilogie retraçant l’histoire du Québec, des premiers colons jusqu’à la fin du 18è siècle et l’occupation anglaise, Thérèse relate l’histoire de deux familles, colons de la première heure : Pierre Gagné et son fils, surnommé plus tard dans l’histoire Vadeboncœur, et Thérèse Cardinal et sa fille, Marie-Ève. Pierre et Thérèse sont des colons, mais Vadeboncœur et Marie-Eve représentent la première génération de Canadiens. Leur rapport à leur pays n’est pas le même. Pierre et Thérèse se sentent investi d’une mission, celle de tout donner pour créer une nation, un pays, des valeurs, pour donner à la province une chance de grandir, de se développer, de s’imposer. Pour Vadeboncoeur et Marie-Eve, ce n’est pas la même chose. Ils sont nés ici, ils ont la terre, la neige et le fleuve dans la peau, dans le cœur. Ils sont Canadiens. La France, ils ne la connaissent qu’à travers les récits de leurs parents et des autres colons, comme une histoire qu’on raconte aux enfants avant de se coucher.

 

Et à travers les destins croisés de ces quatre personnes, c’est toute l’histoire des débuts du Québec qui défile sous nos yeux : les hivers qu’il a fallu dompter, les guerres contre les autochtones (particulièrement imaginatifs en matière de torture), contre les anglais, les rivalités entre Montréal (à l’époque, Ville-Marie) et Québec… le quotidien, les habitudes, les commerces. La vie des autochtones, leurs traditions, les prisonniers de guerre.

J’ai été fascinée par cette histoire, qui est celle de tout un peuple. L’auteur, Pierre Caron, homme de lettres québécois, connaît son sujet sur le bout des doigts et aime raconter l’histoire de son pays. Il a visiblement fait des recherches très exhaustives avant de rédiger ce roman, si l’on en croit la quantité de détails dont il agrémente son roman, sur la vie quotidienne au 17è siècle, la manière de cuisiner, de chauffer les maisons, les lois et règlements qui étaient édictés par les gouverneurs et intendants, le rapport des colons et Canadiens avec leur pays. Dans ce roman, on croise des noms connus, tels que Samuel de Champlain, Marguerite Bourgeois, Monsieur de Maisonneuve, Jeanne Mance, des personnages qui ont marqué les débuts de la province et qui ont contribué à faire du Québec ce qu’il est aujourd’hui. Tous ces faits et détails apportent une dimension très réaliste à l’histoire, en ce sens que le lecteur peut ainsi se représenter exactement le quotidien, depuis les différentes jupes que les femmes portaient selon les saisons jusqu’aux retranscriptions de certains édits et certaines lois destinées à réglementer la vie dans la province, en passant par les détails des tortures que faisaient subir les Iroquois aux prisonniers et le poids des baguettes de pain.

 

Mais la force du roman est également sa seule faiblesse. Si cette quantité astronomique de détails est des plus intéressantes et extrêmement instructive, et permet au lecteur de replacer l’histoire et les personnages dans un contexte très précis et de comprendre un peu mieux ce qui a motivé tel ou tel comportement, elle est également parfois juste « trop », car au final, il est impossible de retenir tout ce qui est dit dans ce roman, à moins d’avoir des connaissances préexistantes sur le sujet. Mais cela n’enlève rien à la qualité du roman, à mon sens, qui reste malgré cela un roman historique passionnant, qui permet de mieux comprendre les origines de la Belle Province et qui constitue une belle entrée en matière pour quiconque a envie de creuser le sujet!

 

En bref, une très belle découverte donc, chers lecteurs, je pense que je vais poursuivre la lecture de la trilogie !!

 

La Naissance d’une Nation - Thérèse

Pierre Caron

Bibliothèque du Québec

588 pages

4,5 /5

Par Pimpi
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Dimanche 21 juin 2009

Élevée par un grand-père braconnier, puis par des religieuses, Jeanne Chatel quitte la France pour faire partie du premier contingent de jeunes filles à marier qui font la traversée vers le Nouveau Monde. En échange d'un droit de passage et d'une dot, les « filles du Roy » ont une seule mission: peupler la Nouvelle-France. À Ville-Marie, Jeanne épouse, sans même avoir remarqué la couleur de ses yeux, le seigneur Simon de Rouville. C'est dans une cabane en bois rond, en pleine forêt, que Jeanne découvre, en même temps que l'amour, les rigueurs de l'hiver et les défis des grands espaces canadiens.

 

Chers lecteurs, cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de roman historique, mais la préparation de la visite de la vieille ville de Québec il y a deux semaines et mon intérêt actuel pour les romans portant sur les Filles du Roy, ces jeunes orphelines françaises qui se sont portées volontaires pour aller s'installer dans la colonie de la Nouvelle France afin de s'y marier et de fonder une famille (le but ultime étant de peupler la colonie, qui comptait à l'époque pas assez de femmes pour assurer le renouvellement de la population) m'ont incitée à lire rapidement ce roman après qu’il m’a été chaudement recommandé par Allie.

 

Et ce roman, chers lecteurs, je l’ai adoré. C’est une histoire très romancée bien entendu, avec ce qu’il faut d’eau de rose pour satisfaire la romantique que je suis et suffisamment de détails historiques pour étancher ma soif de découvertes.

 

Dans ce roman, on découvre à travers les yeux d’une jeune fille assez aventurière et plutôt farouche l’aventure qu’ont vécues les Filles du Roy lors de leur arrivée en Nouvelle-France. La découverte de leur terre d’accueil, de ses forêts et de ses plaines, qu’elles aperçoivent depuis le bateau alors qu'elle remonte le Saint Laurent pour s'établir à Québec ou à Ville-Marie (l'ancêtre de Montréal), les premières craintes face à un pays relativement sauvage encore, la peur des autochtones, réputés pour piller les maisons et sclaper les habitants, la découverte du froid et des hivers rigoureux…

 

Alors certes, la manière dont l’histoire est romancée fait apparaître cette aventure comme merveilleuse, comme belle et facile, alors que ça n’a sûrement pas été le cas pour toutes les jeunes filles qui sont venues s’installer ici. J’imagine que toutes ne sont pas tombées sur un mari séduisant et tout à fait à leur goût, que toutes n'ont pas supporté l'hiver aussi bien ni aussi facilement, que toutes ne se sont pas fait un nom en tant que guérisseuse au sein des communautés autochtones, que toutes n’ont pas eu le cran de Jeanne face à certaines situations qui semblaient bien périlleuses. Que toutes, en bref, n’ont pas eu la vie aussi facile que l’héroïne du roman. Parce que je dois bien le reconnaître, malgré les difficultés qu’elle rencontre, la jeune Jeanne connaît quand même une vie pas trop trop difficile. Elle traverse bien sûr des crises, elle doit bien évidemment surmonter des obstacles pour mériter son droit au bonheur, mais tout s’arrange toujours, au final. Et relativement rapidement. Mais qu’importe. On se laisse emporter dans l'histoire, dans la découverte du pays et de ses beautés... Le style de Suzanne Martel est prenant, enlevant et on a vite fait de se laisser prendre au jeu.

 

Et puis, j’aime à penser que peut-être, dans une vie antérieure, j'ai moi-même été Fille du Roy, que j’ai entrepris cette aventure, comme elles. Que ma sensation d’être chez moi au Québec vient de là. Impossible ? Sûrement. Sauf en rêve…

 

En résumé, chers lecteurs, un roman extra, une très très belle découverte, de celles qui donnent envie de se plonger dans un sujet, dans une époque, dans un autre monde. Un roman qui m'a donné l'envie lire d’autres romans sur ces jeunes filles qui m'ont précédée dans cette merveilleuse aventure que représente la découverte du Québec.... un roman que je recommande très chaleureusement!!!

 

Petite anecdote sur ce roman : à la bibliothèque nationale, il est classé à la fois en jeunesse et dans les romans historiques. Dans d’autres bibliothèques, il est classé dans les romans adultes. Et dans les librairies du Québec, il est classé en jeunesse. Comme pour Set in stone, il semble que tout le monde ne soit pas d'accord sur la nature du roman!

 

Jeanne, fille du Roy

Suzanne Martel

Fides

254 pages

4 /5

Par Pimpi
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Samedi 30 mai 2009

Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey, découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.

 

Je ne sais comment vous expliquer, chers lecteurs, à quel point je suis chanceuse côtés lectures en ce moment. Ce livre, j’en attendais la sortie en paperback depuis longtemps. Patiemment. Et puis, en allant reconduire ma visite à l’aéroport, j’ai fait un détour par la librairie qui se trouvait à côté de la porte d’embarquement et je l’ai vu. Enfin ! Après plusieurs mois d’attente, il sortait enfin en paperback ! Inutile de vous dire que je me suis aussitôt jetée dessus, le sourire aux lèvres, et qu’il n’aura pas attendu longtemps dans ma PAL !

 

Grand bien m’en a pris, chers lecteurs, car ce livre est un gros coup de cœur !!! Je crois que je suis en amour avec le livre, avec Juliet, avec le Cercle, avec Kit, avec Sidney, Isola, Dawsey… et que je voue une admiration sans borne à Elizabeth… je voudrais passer le reste de ma vie à lire et à relire ce livre ! Je l’ai tellement aimé !!! Mais essayons de rester calme …

 

Est-ce vraiment la peine que je le présente ? J’imagine que nous ne devons plus être beaucoup sur la blogosphère à ne pas avoir lu ce livre… mais pour les irréductibles qui auraient pu passer au travers du phénomène, laissez-moi vous le présenter.

 

Ce roman épistolaire se passe en 1946, au sortir de la seconde guerre mondiale. Juliet est journaliste et écrivain. Ses articles sur la guerre ont eu beaucoup de succès, bien plus que sa biographie sur Anne Brontë, dont pourtant elle tire une plus grande fierté. Elle a la surprise un beau jour de recevoir une lettre. Un habitant de l’Île de Guernsey e eu un de ses livres entre ses mains. Il a vraiment aimé cet auteur et comme il y avait l’adresse de Juliet sur le livre, il s’est permis de lui écrire pour lui demander si elle peut lui communiquer l’adresse d’un libraire à Londres. C’est ainsi que démarre la correspondance de Juliet avec d’abord un des membres du Cercle, puis petit à petit tous les membres.

 

Cette correspondance nous dévoile moult détails sur la vie quotidienne des gens pendant l’occupation. Moi qui suis férue d’histoire, j’ai toujours été désespérée de la manière dont on enseigne l’histoire à l’école. D’une manière si froide et si dénuée d’émotions… ça rebuterait n’importe quel historien ! Mais dans un livre comme cela, on apprend l’histoire par les petites gens, par les détails qui la constituent. On découvre comment les gens parvenaient à survivre malgré l’occupation, les combines qu’ils inventaient pour déjouer la surveillance des Allemands : déclarer un porc mort et le passer au voisin, créer un cercle littéraire pour expliquer le non-respect du couvre-feu, etc. C’est ce qui me plait dans l’histoire. Apprendre comment les gens vivaient au quotidien, quelle que soit l’époque. Et là, dans ce roman, les gens se confient sans fausse pudeur, de manière honnête. Ils ne cherchent pas à attirer la pitié, ils racontent simplement comment les choses se passaient. Sans atténuer les événements, mais sans devenir larmoyants non plus. Digne dans leur humilité, ravis d’avoir pu jouer des tours aux Allemands. On y apprend également les horreurs des camps de concentration. Bien sûr, tout ça, on le savait déjà. Mais pas comme ça. Dans la bouche (dans les lettres, en l’occurrence) de personnes qui en ont réchappé, ces horreurs prennent une tout autre dimension. Elles se chargent émotionnellement. Parce qu’on se dit que quelque part, quelqu’un a vraiment vécu cela. J’ai failli me retrouver en larmes à un moment et la seule chose qui m’a empêchée de me laisser aller, c’est que j’étais sans un parc pendant ma pause de midi… en lisant certaines lettres, mon cœur saignait, mais en en lisant d’autres, il se remplissait aussi de bonheur à lire la manière dont les gens se serraient les coudes, dont ils s’entraidaient.

 

Et puis, les membres du cercle, je les adore, tout simplement. Dès les premières lettres, je les ai aimés. Tous. Dawsey, Isola, Eben, Kit et surtout Elizabeth et son courage, sa motivation, son désir d’aider. À lire ces lettres, on a l’impression de faire partie de la grande famille des habitants de l’île, de les connaître intiment. En lisant ce livre, j’ai envié Juliet, qui avait la possibilité de connaître tous les membres du Cercle et les autres aussi.

Et Juliet… une femme charmante, qui a de la ressource. J’ai adoré son humour, son auto-dérision, sa manière de prendre les choses avec bonne humeur et sa compassion, son empathie. J’aime son style d’écriture. J’aime tout d’elle !

 

Et puis, il y a un passage qui se passe quasiment là où j’habitais quand j’étais en France, c’est là où travaille ma maman, alors évidemment, ça crée des liens… J’ai d’ailleurs eu un instant d’hésitation en lisant le nom de la ville ! Ca me semblait tellement improbable que ce soit la même ville ! Et pourtant, des Louviers, en Normandie, il n’y en a pas non plus tous les kilomètres ! J’ai quand même vérifié sur Internet, mais oui, c’est bien ça, c’est bien la même ville !! Je sautais partout de voir un bout de mon chez-moi français dans un livre ! C’est rare quand ça arrive !!

 

Et puis, dernier point et non des moindres, j’ai adoré retrouver des noms d’auteurs familiers au détour de quelques lettres, de voir le nom d’Oscar Wilde, de Jane Austen, d’Agatha Christie, d’Émily Brontë, pour ne nommer qu’eux… D’ailleurs, c’est marrant, parce que finalement, les références littéraires ont moins de place que ce à quoi je m’attendais, et pourtant, ça ne m’a pas dérangé le moins du monde ! Au contraire, j’ai trouvé que le dosage entre littérature et histoire était très bien !!! Comment ça, je ne suis pas objective ???

 

En résumé, chers lecteurs, je ne sais pas comment vous le dire d’une manière plus claire que cela. Ce livre, je vais le chérir toute ma vie… J’aime tout de lui, il rentre directement dans mon panthéon personnel, je vais le lire et relire longtemps… Un vrai beau coup de cœur !!!

 

Titre original : The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society

Titre français : Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Bloomsbury Publishing

256 pages

5 /5

Par Pimpi
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Dimanche 2 novembre 2008

World Without End (un monde sans fin) - Ken Follet (ceci est le billet que j'avais publié il y a quelques temps sur le Biblioblog de Laurence)

Après l’enthousiasme qu’avait suscité en moi Les piliers de la terre, je ne pouvais pas ne pas lire la suite, World Without End. 

 


Nous retrouvons donc dans World Without End notre charmant village de Kingsbridge, qui fut le décor des Piliers de la terre. Nous sommes en 1327, deux siècles après les événements des Piliers. Les personnages en place sont les descendants de nos héros favoris, Jack et Aliéna et Tom.

L’intrigue s’ouvre le 1er novembre de l’année 1327. Quatre enfants, Caris, Gwenda, Merthin et Ralph, se rendent dans les bois avoisinant Kingsbridge. Là, à leur grande stupeur, ils assistent à une dispute entre trois hommes, deux contre un. L’un d’entre eux, Sir Thomas Langley, tue les deux autres hommes. Son méfait accompli (en cas de légitime défense, certes, mais accompli quand même), il cherche refuge dans un monastère, où il devient moine, non sans avoir au préalable enterré une lettre sensée le protéger et fait promettre aux quatre enfants de tenir leur langue.

 


10 ans plus tard, on retrouve nos quatre amis. Ils ont grandi, ils sont sur le point de construire leur vie. Mais les malheurs les guettent. Le pont de Kingsbridge s’effondre, causant des centaines de mort parmi les habitants du village et coupant toutes les communications entre Kingsbridge et le monde extérieur. Sans pont, plus de marché. Sans marché, plus de revenus. Il est donc impératif de reconstruire le pont. Cette reconstruction va donc servir de point de départ à une nouvelle fresque historique magnifique et passionnante, à l’image des Piliers de la terre (et ce n’est pas peu dire !).

 


Commençons tout de suite par les points négatifs. Le gros reproche que j’ai envie de faire, c’est une certaine similarité au niveau de l’intrigue (du moins pour les 500 premières pages, après, c’est tout autre chose) ainsi qu’au niveau de la personnalité des protagonistes. Ainsi, pendant une bonne moitié du livre, j’avais l’impression de relire un peu les Piliers. Le nom des personnages est différent mais les personnalités que l’on avait découvertes dans les Piliers se retrouvent ici également : la femme aux mentalités en avance par rapport à l’époque, le jeune maçon doué, dont la compétence effraie les plus anciens, l’homme brutal et sans pitié qui cherche à blesser…


Heureusement, ce sentiment de déjà-vu s’est vite estompé quand l’intrigue a pris une toute autre direction. Et si j’avais tout de suite accroché à l’histoire et aux personnages, dès les premières pages et malgré ces similarités avec les Piliers, je me suis complètement laissé emporter dans une tout autre histoire une fois la moitié du roman dépassée. Au bout de 500 pages, l’histoire prend une autre ampleur, abandonnant le simple sujet de la construction pour aborder des sujets autrement plus passionnants et plus sérieux. La peste sévit dans le monde entier et peu de personnes y échappent. Hôpitaux, églises, prêtres, tous se retrouvent confronté à une maladie dont on ne sait rien et que l’on ne sait comment combattre. Ken Follet présente ici les deux approches que l’on avait de la peste à l’époque : d’un côté, il y avait les hommes d’église. Ceux-ci voyaient dans la peste un châtiment divin que l’on devait accepter avec humilité et qui devait débarrasser la terre des âmes impures. Face à eux, les médecins et infirmières refusaient de laisser mourir les pauvres gens sans même essayer de soulager leurs souffrances. Ils tentaient de faire comprendre à la population que l’on pouvait éviter la contamination avec des mesures d’hygiène simples et isolant les malades des personnes saines. Mais les hommes d’église criaient au sacrilège face à ses propos qu’ils jugeaient offensant pour le Seigneur. C’est un sujet passionnant, que Ken Follet traite avec la finesse et la minutie dont il fait preuve dans chacun de ses romans. Ici comme dans les Piliers, le travail de recherche effectué par l’auteur est visible et pour des néophytes en la matière tels que moi, il est difficile de trouver un élément qui ne semble pas plausible. Une fois encore, Ken Follet fait montre d’un talent incontestable.


D’autre part, l’auteur aborde également dans ce roman les procès en sorcellerie, courants à cette époque où l’on accusait facilement de sorcellerie les femmes qui avaient une connaissance approfondie des plantes, du corps et de l’âme des hommes. Cette accusation de sorcellerie pouvait représenter un excellent moyen de se débarrasser d’une femme. A l’époque, on était coupable tant qu’on n’avait pas prouvé son innocence et toute personne qui aidait une sorcière était également accusée d’hérésie. On comprend pourquoi personne ne venait au secours des malheureuses qui étaient traduites en justice pour des crimes aussi « faciles » à prouver que le commerce avec Satan ou la conversation avec les esprits ! Malheureusement, ce sujet si passionnant n’est qu’effleuré. J’aurais bien aimé que ces procès aient plus de place dans le roman. Je dois avouer être un peu restée sur ma faim.

 


Pour conclure, je dirais que World Without End est réellement un roman magnifique. Malgré les quelques reproches que j’ai à lui faire, c’est un livre que j’ai adoré et qui rejoint Les Piliers de la terre dans la catégorie des livres à lire et à relire. Ken Follet reste fidèle à lui-même et nous offre de nouveau une superbe fresque historique qui séduira tous ceux qui ont aimé Les Piliers de la terre. A bon entendeur !

Par Pimpi
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