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Mardi 10 novembre 2009



À travers le récit de la vie d’Anne Shirley, une jeune orpheline recueillie par les Cuthbert à Green Gables, Lucy Maud Montgomery nous invite à partager la vie des habitants de l'Ile-du-Prince-Édouard au début du siècle dernier. Personnage attachant, la petite Anne aura tôt fait de séduire son entourage par son courage, sa détermination et sa débrouillardise. Qui ne connait pas Anne Shirley, la délicieuse héroïne de la série Anne... la maison aux pignons verts, série découverte en France grâce à sa diffusion à la télévision. Les lecteurs retrouveront ici avec bonheur ses désopilantes et inoubliables aventures. Génération après génération, les jeunes et les moins jeunes rêvent, rient et s émerveillent en suivant fidèlement les péripéties de cette attachante jeune fille aux cheveux roux tressés et aux yeux émeraude.

 

(4è de couverture de l’édition française)

 

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Un achat impulsif, après avoir entendu beaucoup de critiques positives. Une lecture commune avec Maribel et YueYin. Voilà comment je suis finalement parvenue à faire la connaissance d’Anne Shirley, une petite fille exubérante, exaltée, bavarde et imaginative, à laquelle on ne peut pas manquer de s’attacher…

 

Mais est-il encore besoin de présenter Anne et son histoire ? Nous ne devons pas être beaucoup à ne pas connaître encore les aventures de la célèbre rouquine aux yeux verts (non, il ne s'agit pas d'Angélique)…

 

L’histoire se passe donc sur l’Île du Prince Edouard, une Province du Canada, au début du siècle dernier. Matthew et Marilla Cuthbert décident d’adopter un petit garçon orphelin pour aider Matthew. Il « passent commande » auprès d’un orphelinat et un beau matin, Matthew se rend à la gare pour aller chercher leur nouveau protégé. Mais il y a eu un malentendu et ce n’est pas un petit garçon, mais une petite fille d’une dizaine d’année que ramène Matthew. Anne Shirley (avec un –e à la fin, s’il vous plait) venait d’entrer dans leurs vies, pour le meilleur et pour le pire…

 

C’est un livre extraordinaire. Il est plein de bonheur, de bonne humeur et d’humour. Espiègle, rêveuse, bavarde, Anne Shirley envahit les pages du roman comme elle a envahi la maison des Cuthbert. Anne capture le cœur du lecteur comme elle capture celui de Marilla et de Matthew. Désopilante, attachante, attendrissante, Anne a de la ressource et imagine sa vie autant qu’elle la vie.

 

Ce que j’aime dans ce roman, outre le personnage d’Anne, et celui de ses amis, et celui de Marilla et celui de Matthew, (bref, j’aime tout le monde), c’est la manière dont la narration est menée. La plupart du temps, le lecteur n’assiste pas en direct aux événements, mais il lit la manière dont Anne raconte ses aventures à son entourage, avec l’enthousiasme et l’exaltation qui la caractérise. On rit et on pleure avec Anne et on regarde avec un œil attendri son imagination galoper et son exaltation se développer… et on en redemande !! 

 

À travers les yeux d’Anne Shirley, on découvre la vie et l’école dans l’Île du Prince Edouard (et je vous le jure, ça donne envie d’aller y vivre, tellement ça a l’air paisible). Au début du roman, Anne a une dizaine d’année et le lecteur la verra évoluer, grandir et prendre de l’assurance à l’école et dans sa vie. Il rira de ses compétitions avec Gilbert pour être la meilleure de la classe, de leur gentille rivalité, de ses bêtises, parfois involontaires, parfois volontaires, de son imagination débordante (tellement débordante qu’elle parvient à s’auto-persuader de la présence d’un fantôme dans des bois qui n’en ont jamais eu et qu’elle tremble réellement à l’idée de les traverser à la tombée de la nuit). J’adore cette petite fille, et j’aime la jeune fille qu’elle devient à mesure que l’histoire progresse.

 

Et la fin… si triste et en même temps si pleine de promesse pour l’avenir ! Je ne m’attendais pas du tout à ce qui allait se produire et j’en ai été toute bouleversée !

 

En bref donc, chers lecteurs, une première rencontre très réussie avec l’héroïne la plus célèbre de Lucy Maud Montgomery, un véritable engouement pour l’univers développé par l’auteur et une grande envie d’en savoir plus !!!

 

(je tiens à m’excuser auprès des fans d’Anne Shirley de la pauvreté de ce billet, qui ne rend pas du tout justice au roman et à l’engouement qu’il a suscité en moi… je suis en panne et je n’arrive pas à rédiger de billets corrects ces temps-ci !! Sorry…)

 

Et pour savoir ce qu’en ont pensé mes copines lectrices, je vous renvoie sur les blogs de Maribel et de YueYin !!!

 

 

Anne of Green Gables

Anne… la Maison aux pignons verts

Lucy Maud Montgomery

4,5 /5

 

 

 

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Livre lu dans le cadre du défi Objectif PAL - yeah!!

 






Ah et aussi le défi lire en VO !!! re-yeah!!

 

 

Par Pimpi
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Lundi 17 août 2009

La nouvelle locataire de Wildfell Hall cache un lourd secret. Mais ce secret est loin d’être celui dont parlent tous ses voisins, ainsi que Gilbert Markham va le découvrir. Car Helen Graham, qui cache sa véritable identité sous un nom d’emprunt, est en fait la femme d’un homme aux mœurs dissolues qui cherche désespérément à protéger son fils de l’influence de son père. Son journal intime révèle le monde de débauche et de cruauté qu’elle a fui…

(traduction partielle par moi-même de la quatrième de couverture)

 

Cela faisait un bon bout de temps que je me disais qu’il faudrait vraiment que je lire un roman de la troisième des sœurs Brontë, dont je n’avais encore rien lu. Voilà, c’est chose faite !

 

The Tenant of Wildfell Hall (appelons-le TToWH, si vous le voulez bien, c’est plus rapide à taper) est un roman que j’ai beaucoup beaucoup aimé, chers lecteurs. Riche, sombre, choquant pour l’époque, même, je dirais, il dépeint les travers des hommes et leurs pêchés avec un réalisme saisissant. Mais en même temps, il est doté d’un certain humour qui ne m’a pas laissée indifférente.

 

Ce roman est composé de trois parties. La première est constituée par le récit que fait Mr Markham à son ami de l’arrivée dans le voisinage d’une femme mystérieuse, Mrs Graham, et de son fils. Dans un ton empreint d’humour et de joie de vivre, Mr Graham décrit à son ami les commérages dont la jeune femme fait l’objet. La jeune femme semble très réticente à l’idée de se mêler au reste de la société, ce qui ne fait qu’inciter à plus de commérages. Elle finit par renoncer et accepter les invitations de ses voisins. C’est ainsi que Mr Markham fait sa connaissance. Au fur et à mesure qu’ils apprennent à se connaître, le jeune fermier se découvre des sentiments plus profonds pour la jeune femme, mais celle-ci reste distante et froide. Dans des circonstances que je ne vous narrerai point, chers lecteurs, Mr Markham se retrouve en possession du journal intime de Mrs Graham, lequel lui dévoile la vie et le calvaire d’Helen, qu’il partage avec son ami, et avec le lecteur.

 

Là commence la seconde partie du roman, constituée du journal de Mrs Graham. Le lecteur apprend de sa main comment, toute jeune fille, elle est tombée amoureuse d’un certain Hundington, débauché et alcoolique de première, comment elle l’a épousé et comment elle a assisté, impuissante, à son autodestruction par l’alcool, avant de décider de s’enfuir avec son fils et de venir se cacher de son mari à Wildfell Hall.

 

Dans la troisième partie, le récit revient aux mains de Gilbert, qui raconte à son ami ce qui a découlé de la lecture du journal (oui, c’est tout ce que je vais vous dire, chers lecteurs, il ne faudrait pas quand même que je vous gâche tout le plaisir de la lecture, non ??)

 

Comme je le disais, c’est un roman sombre, qui a pu paraître choquant à l’époque. Hundington, le mari d’Helen, est un débauché de première et un alcoolique patent, qui n’hésite pas à malmener sa femme et à la laisser des mois entiers seule dans leur maison de campagne pour aller mener, avec sa bande d’amis aussi dépravés que lui, une vie dissolue à Londres. Au début, Helen essaie de le ramener dans le droit chemin et pense sincèrement que l’amour qu’elle lui porte suffira à le sortir de cette vie de débauché qu’il mène. Devant son impuissance face à la puissance de l’alcool et l’attrait de la dépravation, et voyant les effets négatifs que le comportement de son mari a sur son fils, elle décide de s’enfuir, elle claque la porte au nez de son mari et finit par le laisser en plan, après quelques tentatives avortées. La débauche qu’elle décrit est effrayante et je comprends qu’à l’époque, le roman ait pu faire scandale. A-t-on jamais vu une femme se refuser à son mari et s’enfuir en catimini, même si celui-ci s’est mal comporté ? Non, n’est-ce pas !!

 

Helen est une femme courageuse, vive et un peu trop bigote à mon goût (mais cela ne m’a pas dérangée outre mesure, rassurez-vous, chers lecteurs). Une femme qui pense par elle-même, ne se laisse pas influencer par son entourage et prend ses propres décisions, ce qu’elle juge être le mieux pour elle, sans se soucier du qu’en dira-t-on (un peu quand même, mais moins que certaines autres femmes de l’époque).

Gilbert, le narrateur, est un homme joyeux, passionnée et très drôle. J’aime énormément le ton de ses lettres, toujours pleines d’humour. On ne le voit pas tant que cela, finalement, dans le roman, étant donné que la plus grosse partie du récit est « monopolisée » par le journal intime d’Helen, dont la plume est beaucoup moins drôle, avouons-le. C’est dommage parce que je l’aime bien, cet homme, et je n’aurais rien eu contre à lire le récit entièrement de sa main !

 

En bref donc, chers lecteurs, un roman que j’ai vraiment beaucoup aimé. Il ne vient bien sûr pas détrôner Jane Eyre, ni Wuthering Heights, mais il me conforte dans l’idée de lire l’œuvre entière des sœurs Brontë, parce qu’elles le valent bien. Vivent les écrivaines britanniques du 19è !!!!

 

The Tenant of Wildfell Hall

La locataire de Wildfell Hall

(ou La Recluse de Wildfell Hall, ou La châtelaine de Wildfell Hall… tout dépend de la traduction !)

Anne Bontë

Oxford University Press

496 pages

4,5 /5

 

Ce roman a été lu dans le cadre de mon challenge ABC Classique 2009

Par Pimpi
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Lundi 5 janvier 2009

A la fin du XVIIè siècle, alors que l’avenir de l’Ecosse, bientôt ralliée au royaume d’Angleterre, semble menacé, un autre drame se joue au cœur des Highlands.

Lorsqu’Edgar, le jeune maître de Ravenswood, sauve la vie de la douce et timide Lucy, il ignore qu’il vient de tomber sous le charme de la fille de son pire ennemi, Sir William Ashton. Soumis aux rivalités ancestrales de leurs familles, les amours d’Edgar et de Lucy ne cesseront d’être contrariées par les machiavéliques tentatives de Lady Ashton, la despotique et arrogante mère de la jeune fille.

Malédiction familiale, vengeance et accès de folie : Walter Scott signe ici son roman le plus sombre.

 

Sombre, ce roman l’est sans nul doute. Et c’était en partie ce qui m’intéressait, outre le fait qu’il était donné en référence dans Femmes et filles et que ça m’intéressait de savoir ce dont il retournait. Et à la base, ce roman avait vraiment tout ce qu’il fallait pour me plaire (je me suis d'ailleurs rendue compte en lisant la préface que c'était une sorte de Roméo et Juliette à l'écossaise, alors j'étais encore plus enthousiaste!!! - en plus, il semble que Walter Scott se soit beaucoup inspiré de Shakespeare pour ce roman... franchement, comment ne pas être emballée après ça ?) : une histoire d’amours contrariées par la famille de la jeune fille et par le destin, des ennemis jurés, un bel écossais fier et courageux, des paysages magnifiques, des légendes écossaises et des grands sentiments. Bref, tout cela était parfait pour moi. Mais cependant, cela n’a pas complètement fonctionné. Si j’ai aimé l’histoire, j’ai eu du mal avec le style empesé et un peu lourd de Walter Scott dans ce roman. L’histoire n’avance pas, il n’y a somme toute que peu de rebondissement et j’avoue que plusieurs fois, j’ai eu envie de sauter quelques paragraphes.


Pourtant, je n’ai pas détesté, non, loin de là. J’ai aimé les paysages qui y étaient décrits, j’ai aimé aussi le personnage de Caleb, le « premier » domestique du maître de Ravenswood, qui s’ingénie à trouver des mensonges plausibles pour expliquer au monde extérieur pourquoi les placards de la cuisine sont complètement vides (car il faut savoir que la famille, dont Edgar est le seul représentant vivant, est complètement fauchée et n’a plus le moindre sou, la moindre nourriture, la moindre goutte de bière). J’ai aimé le fond de l’histoire, cet amour condamné avant même qu’il ne commence, un jeune homme prêt à oublier les affronts du passé pour les beaux yeux de sa belle… sauf que la belle n’est pas forcément aussi prête à tout braver pour lui. Et puis, la belle, il faut reconnaître qu’elle manque sérieusement de personnalité. Edgar lui-même le reconnait dans le roman ! Elle le laisse mener par sa famille, comme toute jeune fille de l’époque se doit de le faire, elle s’évanouit comme toute jeune fille de l’époque se doit de le faire, elle joue les ignorantes et s’effraie d’un rien, comme toute jeune fille de l’époque se doit de le faire. Bref, elle est vraiment très fade et ce n’est que vers la fin qu’elle commence à devenir un peu intéressante. Mais cela dure si peu !

 

C’est dommage, je m’attendais à mieux. Je m’attendais à sentir mon cœur battre, à avoir envie de tourner les pages avec fébrilité, à attendre la fin avec angoisse. Mais non, rien de tout cela. Mon rythme cardiaque ne s’est même pas accéléré une seule fois (ou peut-être légèrement vers la fin), je tournais les pages à un rythme normal et je n’ai pas eu peur une seul minute de ce qui se profilait. Bref, une légère déception quand même… j’espère que d’autres que moi ont aimé ce roman !


Le titre original de ce roman est The Bride of Lammermoor, pour celles et ceux qui souhaitent le lire en anglais...
 

Et vous, chers lecteurs, avez-vous lu Walter Scott ? Les autres romans sont-il du même genre ??

 

J’ai lu ce livre dans le cadre de mon Challenge ABC Classique 2009 (et de deux !).

Par Pimpi
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Samedi 15 novembre 2008

Femmes et filles – Elizabeth Gaskell

(Wives and daughters)
 

4è de couverture

Ce roman d'amour sur fond de scandales et d'intrigues se déroule dans l'Angleterre rurale de la fin des années 1820. Il met en scène Molly, la fille rebelle d'un médecin de campagne, les aristocrates locaux qui, depuis l'imposant château de Cumnor Towers, règnent en maîtres absolus sur ce coin perdu des Midlands, les notables, les domestiques, les paysans, les animaux mais c'est avant tout la nature humaine dans la toute-puissance de ses pulsions et de ses désirs si impitoyablement réprimés par la société victorienne qu'Elizabeth Gaskell place au centre de la trame. Avec un art de la subversion qui lui est propre et une sensualité envoûtante elle nous transporte dans un univers bruissant de robes en taffetas et de commérages meurtriers, de hennissements de chevaux et de soupirs d'amour, où les femmes et les hommes sont aux prises avec l'ordinaire mystère de la vie. « Il s'agit de l'amour, comment il apparaît, comment il grandit, comment il peut briser nos cœurs ou nous rendre heureux ; il s'agit des erreurs que nous faisons et des secrets que nous devons garder... » La délicatesse de son ton et sa subtilité psychologique élèvent Elizabeth Gaskell au rang des plus grands écrivains et - malgré le siècle qui nous sépare - nous rendent son œuvre d'une intime proximité.

Elizabeth Gaskell, surnommée « Shéhérazade » par son grand ami Charles Dickens, naît à Londres en 1810. Mère de six enfants, elle trouve néanmoins le temps d'écrire des romans qui rencontrent immédiatement le succès : Mary Barton (1848), Cranford (1853), North and South (1854). Sa production littéraire importante, d'une qualité qui ne faiblit jamais, porte un regard aigu et sans concession sur la société de son époque pétrie de conventions et d'hypocrisie, elle ne craint pas d'aborder les sujets sociaux les plus brûlants, notamment la question des filles-mères dans Ruth (1853) ; à la demande du père de sa plus chère amie, Charlotte Brontë, elle écrit la biographie de cette dernière en 1857 ; puis Sylvia's Lovers (1863) ; Cousin Phillis (1863-1864). Et enfin son dernier livre, sans doute le plus attachant, Femmes et Filles (1864-1866) qui vient d'être porté à l'écran.

 

Je ne sais pas tellement ce que je vais pouvoir ajouter de plus à ce que dit la 4è de couverture, avec laquelle je suis entièrement d’accord. J’ai vraiment, réellement, complètement adoré ce roman. Déjà, c’est un pavé et j’adooooore les pavés. J’adore me perdre dans un livre jusqu’à en oublier qui je suis, où je suis, dans quelle époque je vis. J’adore vivre pendant des centaines de pages avec les mêmes personnages, dans les mêmes maisons, vivre leurs aventures, rire ou pleurer avec eux. C’est une des raisons notamment pour lesquelles j’aime les séries et sagas, car je suis plutôt du gente à me gaver de tout, presque jusqu’à l’écœurement... mais je m’égare. Revenons à nos moutons.

 

J’ai lu ce roman il y a plusieurs semaines et c’est donc à partir de mes notes de lecture que je rédige ce billet. J’avais envie d’être un peu en phase avec Lou et Cryssilda, pour le Victorian Christmas Swap.

 

Ce roman est une pure merveille. Il m’a divertie au plus haut point et je ne me suis pas ennuyée une seule minute. La triste nouvelle, c’est que c’est le tout dernier roman qu’Elizabeth Gaskell a écrit et elle n’a pas pu le terminer. Je ne connaissais pas ce fait avant de commencer à lire le livre et j’ai été surprise en arrivant à la dernière page et à la note de l’éditeur. L’histoire se termine donc de manière très abrupte. Les lecteurs imagineront leur propre fin. Ils peuvent accepter la fin proposée sous forme de résumé par l’éditeur, ou élaborer eux-mêmes les aventures qu’ils souhaitent faire vivre aux protagonistes…

 

Ce roman, comme beaucoup d’autres de l’époque, était publié sous forme de feuilleton. Elizabeth Gaskell devait donc s’assurer de la fidélité de son lectorat d’une semaine sur l’autre. Elle s’est donc mise en quatre pour trouver des rebondissements et des accroches à chaque chapitre. Il s’ensuit que le lecteur suit avec avidité les aventures de Molly et de son père, qui, bien qu’elles ne soient pas si palpitantes que cela, ce n’est pas non plus un roman policier, n’en sont pas moins fort divertissantes. La peinture de la société que fait Elizabeth Gaskell est extraordinaire de réalisme, elle dépeint tout à fait la vie à cette époque, dans son quotidien le plus prosaïque. Et l’auteur n’hésite pas à montrer les petits travers des gens, qui n’aiment rien tant que cancaner à qui mieux mieux, raconter des histoires pour se rendre intéressants ou chercher à attirer l’attention des grands du monde… C’est également sans hésitation qu’elle se moque ouvertement de ses personnages en dévoilant des personnalités ridicules ou empruntées. Et c’est raconté avec un tel humour ! Chaque paragraphe recèle des perles de sarcasme. J’ai adoré sa dérision, le ridicule dont elle affuble Mrs Gibson, et même Cynthia Kirkpatrick. Je me sens vraiment attirée par ce style qui, sous couvert de phrases sérieuses, se moque ouvertement du personnage et par lui de la vraie société.

J’ai également aimé les héros principaux, Molly et Roger, tous deux d’une droiture et d’une honnêteté qui laisse rêveur et qui finissent toujours par être floués par les autres, moins droits et moins honnêtes qu’eux. Mr Gibson, le père de Molly, m’a également bien plu, en dépit de son attitude un peu dépassée et vieillotte quelquefois (on lui pardonne, c’était l’époque qui voulait ça).

 

Une autre chose qui m’a beaucoup plu dans ce roman, ce sont les notes de traduction (pourtant, en général, elles me gênent plus qu’autre chose). J’ai lu le roman en français car il n’était pas disponible en anglais à la bibliothèque et pour une fois, je ne me suis pas sentie importunée par les notes de la traductrice. C’est visiblement quelqu’un qui connaît profondément la culture britannique de cette époque car toutes les notes sont pertinentes et apportent des informations précieuses et des éclaircissements sur des habitudes, des comportements, qui autrement n’auraient pas été compris par le lecteur français.

 

En bref, une critique des mœurs de la société anglaise au 19è, une histoire d’amour à rebondissements, une jeune fille hardie et courageuse, des bals, des convenances, le tout savamment dosé pour aboutir à un roman extraordinaire…

Une belle et grande découverte donc que j’ai faite là et que je compte bien creuser, notamment dans le cadre du Challenge ABC Classique 2009 !!
Par Pimpi
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Mardi 11 novembre 2008

Pour le meilleur et pour le pire… et pour l’éternité – Louisa May Alcott

(a long fatal love chase)

 

4è de couverture

Au siècle dernier, sur une petite île perdue au large de l’Angleterre, Rosamond Vivian, une jeune fille impétueuse et exaltée, s’éprend au premier regard du ténébreux Phillip Tempest. Cynique et blasé, il la conquiert sans peine et l’épouse. Il lui fait connaître une vie de plaisirs, jusqu’à ce qu’elle découvre la terrible face cachée de son pygmalion. Pour sauver son âme et sa raison, Rosamund n’a d’autre choix qu’une fuite éperdue vers un impossible refuge : elle a réveillé en Phillip Tempest son instinct de chasseur et il traquera cette proie convoitée à travers toute l’Europe. Il doit à tout prix la rattraper et la posséder… pour l’éternité.

 

Il faut l’avouer, ce fut une lecture extrêmement plaisante. J’aime vraiment beaucoup le style de la Louisa May Alcott inconnue. Voilà le troisième roman d’elle que je lis (si l’on excepte Little Women, que j’ai lu voilà bien longtemps, avant que Fashion ne me fasse découvrir, par son billet sur les thrillers inconnus de Louisa May Alcott, la face cachée de cette auteure). Après avoir découvert Secret de famille et Derrière le masque, voilà que je me suis attachée à lire Pour le meilleur et pour le pire… et pour l’éternité.

 

Il faut savoir que ce roman est resté longtemps inconnu. Qualifié de trop sensationnel pour les mœurs de l’époque (1866), il avait été refusé par l’éditeur et en conséquence, est resté dans un tiroir toutes ces années. Ce roman a été redécouvert il y a peu grâce à un fervent admirateur du travail de Louisa May Alcott. Pourquoi donc refuser ce roman, vous demandez-vous ? Eh bien, parce que Louisa May Alcott y aborde, à travers son personnage principal, la question de l’indépendance et de la sensualité des femmes, sujet encore tabou à l’époque. En bonne féministe qu’elle était, Louisa May Alcott ne s’était pas arrêtée à cela et avait écrit cette petite merveille. Malheureusement, son éditeur n’était pas du même avis qu’elle et lui a gentiment (bon, là, j’extrapole un peu) refusé la publication de ce feuilleton.

 

Tout d’abord, un mot du rythme. Comme je viens de le dire, ce roman était conçu à l’origine comme un feuilleton. On le sait, le plus difficile, quand on écrit un feuilleton, c’est de garder l’attention des lecteurs d’une semaine sur l’autre. Les auteurs devaient donc faire preuve d’une imagination débordante et trouver un moyen de fidéliser les lecteurs. Quoi de plus naturel que de terminer par des rebondissements et des questions en suspens ? Ainsi, le lecteur, piqué dans sa curiosité, attendait impatiemment la suite. C’est exactement ce qui se passe ici. Chaque chapitre se termine sur un nouveau rebondissement dans l’histoire, ce qui confère au roman un rythme effréné, à l’image de la course-poursuite qu’il raconte, et nous donne envie de savoir ce qui se passe ensuite. L’avantage que nous avons par rapport aux lecteurs de feuilletons du XIXè siècle, c’est que nous avons la chance d’avoir tous les chapitres réunis dans un seul et même volume, ce qui fait que nous sommes tout à fait libres de nous précipiter sur le chapitre suivant pour satisfaire notre curiosité et découvrir le fin mot de l’histoire. Je vous avoue sincèrement qu’à chaque fin de chapitre, je me disais « encore un, juste un » et qu’au final, j’ai terminé le roman en plein milieu de la nuit…

 

Passons maintenant aux personnages. Il faut reconnaître que le roman est extrêmement manichéen. Les méchants y sont très méchants et les gentils y sont vraiment gentils. Phillip Tempest est, de son propre aveu, sans scrupule et sans hésitation, il fait ce que bon lui semble sans se soucier de l’opinion des autres et si, pour arriver à ses fins, il est obligé d’en venir au meurtre, et bien qu’il en soit ainsi. Habitué à être obéi au doigt et à l’œil, il s’est entouré de serviteurs dont la fidélité est à toute épreuve et qui sont prêt à y aller de leur vie pour leur maître. Il sera bien entendu piqué au vif par l’indépendance et la hardiesse dont fait preuve Rosamond, qui, au début du roman, ne souhaite rien plus ardemment que vivre une vie de plaisirs (on peut donc comprendre que ces paroles, placées dans la bouche d’une jeune fille pure et innocente, aient pu choquer l’éditeur). Elle avoue même être prête à vendre son âme au diable pour une année de liberté. Elle ne se doutait pas qu’elle serait prise au mot par Phillip ! Rosamond est une jeune femme à la recherche des plaisirs de la vie mais dotée d’un sens moral assez aigu qui ne la quittera jamais, même dans les moments de désespoir les plus intenses. Elle a conscience de ce qui est bien et de ce qui est mal et c’est la raison pour laquelle, malgré son amour pour lui, elle fuit Tempest dès qu’elle apprend qui il est vraiment.

 

Pour le lecteur, ce couple semble dès le départ assez improbable. Outre les quinze années qui les séparent, on a vite fait de reconnaître le libertin chez Tempest et on s’imagine aisément que dès qu’il sera lassé de jouer avec elle, il se débarrassera de la jeune fille sans plus de considération que cela. Et bien non ! Le lecteur se trompe car au contraire, la jeune fille continue de le surprendre et de piquer sa curiosité, même après un an de mariage. Elle représente un défi pour lui et c’est la raison pour laquelle il la poursuivra sans fin, au bout du monde, jusqu’à ce qu’il atteigne son but, la posséder à jamais…

 

C’est un roman qui avait vraiment tout pour me plaire, dès le départ : une jeune fille innocente et forte tête, par un vil séducteur, une rébellion qui se termine par une chasse à l’homme (ou à la femme, devrais-je) à travers toute l’Europe, une période historique qui me passionne en ce moment… Et je n’ai pas été le moindrement déçue. J’ai réellement aimé ce roman et je continuerai à découvrir les autres romans de Louisa May Alcott avec plaisir !

Par Pimpi
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