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Quête d'éternité (Filles de lune #4)  - Elisabeth Tremblay

Relecture presque finie, je vais pouvoir lire le dernier tome.

 

 

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16/06/2012

Bon, l'été a fait son apparition dans nos lointaine contrées!

Et j'ai perdu le contrôle de ma PAL alors que je n'achète pas de livres.

Cherchez l'erreur... :D

 

 

 

 

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21/03/2012 : 180 livres

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Lectures victoriennes d'hier et d'aujourd'hui

Mercredi 25 janvier 3 25 /01 /Jan 06:00

AndOnlyToDeceive.jpg

 

For Emily, accepting the proposal of Philip, the Viscount Ashton, was an easy way to escape her overbearing mother, who was set on a grand society match. So when Emily's dashing husband died on safari soon after their wedding, she felt little grief. After all, she barely knew him. Now, nearly two years later, she discovers that Philip was a far different man from the one she had married so cavalierly. His journals reveal him to have been a gentleman scholar and antiquities collector who, to her surprise, was deeply in love with his wife. Emily becomes fascinated with this new image of her dead husband and she immerses herself in all things ancient and begins to study Greek.

Emily's intellectual pursuits and her desire to learn more about Philip take her to the quiet corridors of the British Museum, one of her husband's favorite places. There, amid priceless ancient statues, she uncovers a dark, dangerous secret involving stolen artifacts from the Greco-Roman galleries. And to complicate matters, she's juggling two very prominent and wealthy suitors, one of whose intentions may go beyond the marrying kind. As she sets out to solve the crime, her search leads to more surprises about Philip and causes her to question the role in Victorian society to which she, as a woman, is relegated.

 

 

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Cela faisait très longtemps que j'avais noté et renoté ce roman, le premier d'une série (oui, encore...). Je l'ai intégré à ma PAL il y a quelques semaines et depuis, je n'avais pas eu l'occasion de le lire. Mais il me faisait de l'œil depuis quelques jours, de plus en plus, alors j'ai fini par répondre à ses appels et à le sortir de ma PAL.

 

C'est un roman d'enquête, un roman à suspense victorien, mêlé d'une légère pointe de romance. Lady Emily Ashton est une jeune veuve qui entrevoit le bout de sa période officielle de deuil (qui est de deux ans) et s'apprête à commencer sa période de demi-deuil (eh oui, on n'en sort jamais). Le deuil d'un homme qu'elle a à peine connu et qui, sur les six mois qu'a duré leur mariage, en a passé la majeure partie en déplacement ou en chasse en Afrique. Nous sommes à la fin du 19e siècle. Emily n'a donc jamais réellement eu l'occasion d'apprendre à connaître son mari, qu'elle a épousé uniquement pour fuir sa mère et son caractère péremptoire. Deux ans de deuil, c'est long, quand on n'a jamais connu le défunt.

 

Un beau jour, une remarque d'un ami du défunt Lord Ashton laisse entendre à Lady Emily que son mari parlait d'elle en termes plus qu'élogieux et qu'il avait des centres d'intérêt qu'elle ne soupçonnait pas le moins du monde. Elle décide alors de creuser un peu cette histoire et à mesure qu'elle plonge dans la bibliothèque de son mari, elle tombe amoureuse de lui, et de sa passion pour l'Iliade, pour Homère, pour les vases grecs. Elle commence alors à visiter le British Museum, auquel Lord Ashton a fait plusieurs dons de vases précieux. Très rapidement, en lisant les journaux de son mari et en plongeant un peu plus en avant dans la civilisation grecque, elle tombe dans une sordide histoire de faux, dont la réputation de son mari risque de ne pas sortir intacte. Elle décide alors de mener l'enquête, et de découvrir le fin mot. Son statut de riche veuve lui ouvre beaucoup de portes pendant que son demi-deuil lui permet de rester encore un peu dans l'ombre et de procéder à son enquête tout en savourant le bonheur d'être libre de prendre ses propres décisions... et de boire du porto avec les hommes si bon lui semble, au grand effarement de sa mère.

 

Ce roman est extrêmement intéressant et je crois que je viens de découvrir une nouvelle série que je vais suivre assidument! Lady Emily est une personne que la société considère exentrique, mais qui n'est rien de plus qu'une femme désireuse de vivre selon ses idées et de suivre ses envies, au diable la bienséance et les réglements. Elle veut se cultiver, elle veut boire du porto si elle en a envie et partir vivre là où bon lui semble, puisqu'elle en a les moyens. Elle refuse la censure de la société et se comporte comme elle l'entend et si la société veut penser que c'est l'absence de son mari qui la chamboule, grand bien lui fasse! Pour sa part, elle n'a jamais aimé Philippe. Le changement de ses sentiments vis à vis de son mari est très bien dépeint et avec elle, à mesure que l'on découvre les travers et les dessous de la bonne société, on se prend d'amitié pour ce pauvre Lord Ashton.

 

L'enquête en elle-même est très bien menée et m'a intéressée du début à la fin.

 

En un mot comme en cent, chers lecteurs, c'est un roman victorien (mais à l'ambiance moins lourde que beaucoup des romans victoriens) qui m'a énormément plu et que je n'hésiterai pas à recommander! La série est un peu avancé, elle compte plusieurs tomes déjà, ce qui me réjoui, car j'ai bien envie de continuer à suivre Lady Emily dans ses pérégrinations excentriques autour du monde!

 

AndOnlyToDeceive(Titre original) And Only To Deceive - A Lady Emily Mystery

Tasha Alexander

Par Pimpi - Publié dans : Lectures victoriennes d'hier et d'aujourd'hui
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Samedi 15 août 6 15 /08 /Août 00:30

Après 18 années passées à la Bastille en tant que prisonnier politique, le Dr Manette est finalement libéré et rendu à sa fille. Ensemble, ils partent pour l’Angleterre. Là, deux hommes très différents, Charles Darney, aristocrate français en exil, et Sydney Carton, homme de loi anglais peu recommandable mais au génie incontestable, tombent tous deux amoureux de Lucie Manette. Des ruelles tranquilles de Londres, ils se retrouvent attirés, contre leur propre volonté, vers les rues de Paris, où règnent la vengeance et le sang, et où ils tomberont bientôt dans l’ombre meurtrière de la Guillotine…

 

Après Un conte de Noël et The Mystery of Edwin Drood, voici que je poursuis ma découverte de Dickens avec A Tale of two cities.

 

J’ai lu ce roman en anglais, chers lecteurs, comme c'est mon habitude avec les romans anglophones. Et si lire Dickens en anglais est très gratifiant, cela demande une énergie et une concentration assez importantes, je suis bien oblligée de le reconnaître. Mais au final, une fois qu’on entre dans son style, c’est vraiment que du bonheur, tellement il maîtrise la langue et ses subtilités, tellement il sait jouer avec et en tirer des phrases grandioses.

 

De quoi est-il question dans ce roman ? De la révolution française, chers lecteurs, de cette terrible période de troubles qu’a été la révolution française. L’histoire dans l’Histoire, la mise en scène de petites gens dans un événement qui a changé à jamais le cours de l’histoire de France.

L’histoire commence quelques années avant la date fatidique de la prise de la Bastille. Le Docteur Manette, après 18 ans passés à la Bastille, est libéré et retrouve sa fille adorée. Ensemble, ils partent vivre en Angleterre, où ils mènent une vie paisible. Quelques années plus tard, il est amené à témoigner à Old Bailey contre un jeune français, Charles Darnay, accusé de trahison, mais libéré faute de preuve suffisamment accablantes et grâce à une mystérieuse ressemblance avec un dénommé Sydney Carton…

Les aventures du Docteur Manette, de sa fille Lucy et de Charles Darnay ne s’arrêtent pas là, bien au contraire, mais se poursuivent en parallèle de la révolution. Le roman met en scène d’une manière magistrale les révolutionnaires, les aristocrates orgueilleux qui se croient tout permis, et les innocents qui subissent la colère du peuple. Un roman riche en détails, aux personnages tous plus mystérieux les uns que les autres. Des intrigues, de l’amour, des aventures, des révélations… tous les ingrédients sont réunis pour en faire un roman passionnant et sous la plume de Dickens, il le devient.

 

Je ne sais pas si c’est moi, mais il m’arrivait souvent d’y noter des pointes d’ironie et d’humour qui m’ont agréablement surprise, car je ne savais pas que Dickens était si drôle. Pourtant, c’est quand même un roman sombre, noir, aussi bien dans l’ambiance que dans les propos. On dit que c’est un des romans de Dickens les plus sombres. Cela se sent, tout au long du livre. La fin est tragique, on en pleurerait presque. Elle est facile à deviner, on la sent venir, mais cela ne lui enlève rien de son intensité dramatique. On se sent impuissant à empêcher ça, on admire le geste et on trouve ça tellement dommage… mais on aime, parce que c’est fort en émotion et qu’un lecteur, ça fonctionne beaucoup aux émotions (enfin, moi, du moins).

 

En bref, chers lecteurs, je crois bien que je vais renouveler l’expérience avec Dickens. Je pense en plus que ses romans méritent au moins deux lectures pour en saisir l’ampleur. Je relirai donc celui-ci et j’ai bien l’intention de découvrir ses autres romans !

 

A Tale of Two Cities

Un conte de deux cités

Charles Dickens

Dover Thrift Editions

304 pages

4 /5

 

Ce roman a été lu dans le cadre de mon challenge ABC Classique 2009

Par Pimpi - Publié dans : Lectures victoriennes d'hier et d'aujourd'hui
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Mercredi 5 août 3 05 /08 /Août 18:57

Le récit initiatique et sentimentalo-saphique d’une jeune écailleuse d’huîtres du sud de l’Angleterre. Plongée dans cette Angleterre qui condamna Oscar Wilde, dans les coulisses des salons mondains et du beau monde saphique, Caresser le velours nous offre, sous un éclairage inédit, une vision insolite et fascinante de cette fin de siècle qui préluda à la Belle Époque.

 

Je n’avais pas encore fini de lire Fingersmith que, séduite par le style de Sarah Waters, je m’étais déjà précipitée chez mon libraire pour me procurer Tipping the Velvet, dont j’avais entendu beaucoup de bien, par ailleurs.

 

Bien que tout aussi passionnant, ce roman est très très différent de Fingersmith. Je ne le savais pas avant de le lire, mais finalement, ça ne m’a pas dérangée outre mesure. Je pense que Sarah Waters pourrait nous faire aimer même les aventures d’un poisson rouge dans son bocal si elle le voulait. Elle a vraiment une plume des plus envoutantes et on a vite fait de se trouver embarquée dans l’histoire sans même sans rendre compte.

 

De quoi est-il question dans ce roman ? Au final, pas grand-chose. Un pas grand-chose de plus de 400 pages, vous me direz, chers lecteurs, c’est un tour de force. En fait, nous suivons dans ce roman quelques années de la vie de Nancy Astley, écailleuse d’huîtres. Nancy aime énormément le music hall et avec sa sœur, se rend une fois par semaine dans un établissement de ce type près de chez elle. Un jour, et c’est là que commence l’histoire, elle tombe en admiration devant une chanteuse proposant un numéro de travesti, Kitty Butler. Nancy tombe alors, sans s’en rendre compte (mais se rend-on compte que l’on tombe amoureux, dans les romans, en général ? Non, chers lecteurs, les héros découvrent qu’ils sont « en amour » alors qu’il est trop tard, et Nancy ne pouvait pas déroger à la règle, vous vous en doutez bien) amoureuse de Kitty. Celle-ci finit par remarquer Nancy dans le public (à force d’aller la voir tous les soirs, c’était inévitable, n’est-ce pas ?) et toutes deux deviennent amies. Peu après, Nancy quitte ses parents pour entrer au service de Kitty, en tant qu’habilleuse. Il ne faut pas longtemps à la jeune chanteuse pour être remarquée et invitée à se produire à Londres. Kitty quitte donc Whitestable pour la capitale, emmenant dans son sillage Nancy…

 

Voilà qui lance l’histoire, chers lecteurs, mais qui ne représente qu’une petite partie des aventures de Nancy. Ce qu’il adviendra de Nancy par la suite et de son amour saphique pour Kitty, ce sera à vous de le découvrir. Ce que je peux en revanche vous dire, chers lecteurs, c’est que ce roman explore dans ses moindres détails l’âme d’une jeune femme qui aime les femmes, ses sentiments, ses sensations. Il décrit également dans le détail les relations intimes de Nancy, ses motivations pour faire ce qu’elle fait, ses débauches. C’est assez intéressant, de rentrer dans la tête d’une personne attirée par des personnes du même sexe, qu’elle soit femme ou homme (je n’écris pas volontairement certains mots pour éviter les requêtes les plus étonnantes, pardonnez donc mes phrases volontairement peu précises, chers lecteurs, cela ne résulte pas d’une pruderie mal placée). Le roman est très très explicite, autant sur les pratiques nocturnes (ou diurne) que sur les objets utilisés dans certains cas, sur la découverte du corps de l’autre, des sensations et du plaisir…

 

Mais pour être tout à fait honnête, je n’étais pas fâchée de voir la fin arriver. Même si le livre est passionnant et le point de vue original et intéressant, il ne tourne quand même qu’autour de la vie sexuelle de Nancy et rien d’autre (hormis un petit discours politique à la fin).

 

En bref donc, chers lecteurs, bien que je n’aie pas eu pour ce roman le coup de cœur que j’avais eu pour Fingersmith, je l’ai trouvé intéressant et en ai réellement apprécié la lecture. Il m’a quand même fait découvrir un aspect méconnu du Londres victorien et certaines pratiques que je ne savais pas avoir cours à l’époque ! Il m’a ouvert l’esprit, même, je dirais !

Prochain livre de l’auteur : Nightwatch. Affaire à suivre, donc, chers lecteurs !

 

Tipping the Velvet

Caresser le velours

Sarah Waters

Virago

472 pages

4 /5

Par Pimpi - Publié dans : Lectures victoriennes d'hier et d'aujourd'hui
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Lundi 25 mai 1 25 /05 /Mai 22:37

Retirée dans un petit village de l'ouest de l'Angleterre, Zachary, déserteur de quinze ans qui ne supporte plus l'horreur de la vie à bord, tente d'oublier ses peurs - et de se faire oublier. C'est sur la " Colline aux Gentianes ", butte surmontée d'une chapelle au-dessus du port de Torquay, où les marins ont l'habitude d'aller en pèlerinage, que le garçon rencontrera la petite Stella, douze ans, fille adoptive d'un couple de paysans. Tous deux rêvent d'une autre vie et d'autres contrées. Sur fond de guerres napoléoniennes, l'auteur se fait ici le chantre des âmes en peine, des exclus, et nous suggère en douceur que la vie est ailleurs.

La Colline aux Gentianes est l'un des plus grands romans d'Elizabeth Goudge et se situe dans le droit fil des Hauts de Hurlevent.

 

Chers lecteurs, j’ai l’impression d’être en veine côté lectures en ce moment ! Voici plusieurs livres que je lis qui m’enchantent réellement et celui-ci est à ajouter aux précédents !

 

Voilà quelques temps que je voulais découvrir Elizabeth Goudge (c’est Lilly, d’ailleurs, qui m’en a donné envie, comme pour beaucoup de livres que j’ai dans ma PAL…). C’est chose faite désormais, grâce à notre bloggeuse préférée (souvenez-vous, c’est Fashion qui m’a offert ce livre !!!).

 

Bon, le livre…

Ce roman est une pure merveille. Un concentré de bonheur, de positivisme, une ode à la vie et à ses joies, surtout les plus simples. Jamais encore je n’avais lu de roman comme cela. Un style merveilleusement poétique qui parvient à nous faire trouver du beau même dans la fumée des canons. Un roman bucolique pour une grande part, qui vante les mérites de la vie dans la nature, les joies que peut nous apporter un simple pommier, une colline, une fermette dans la campagne anglaise… Je vous jure qu’en lisant ce livre, je me suis prise à rêver de tout abandonner, la technologie, la civilisation, le confort matériel, pour aller me blottir dans la paille et me promener dans les champs, loin de toute l’excitation des villes… Ce livre… ce livre m’a réellement emportée dans un autre monde, un monde où les priorités ne sont plus les mêmes. Un monde où l’on sait savourer les petites joies de la vie…

 

De quoi est-il question dans ce roman, vous demandez-vous (attention, risque de spoil).

L’histoire se passe en Angleterre, au début du XIXè siècle. Les guerres napoléoniennes font rage et pour le peuple anglais, les français sont les méchants. Tous ont peur de Boney, qui se trouve être le diminutif dont les Anglais avaient affublé Napoléon… Cette peur des Français revient d’ailleurs assez souvent dans le livre, c’est intéressant de voir comment le peuple anglais considérait son ennemi de toujours à l’époque.

Le roman tourne autour de plusieurs personnages, dont deux principaux : Stella et Zacharie.

Stella Sprigg est une petite fille, voire une jeune fille, d’une douzaine d’années. Elle est la fille (adoptive, comme on l’apprend très vite) de Papa et Maman Sprigg, un couple de fermiers d’un certain âge. Ils ont adopté la petite fille suite à une catastrophe maritime qui avait tué la mère de Stella tout en préservant la petite fille. Papa Sprigg, qui était là pour aider à sauver les survivants, a ramené la petite chez lui (elle avait environ deux ans à l’époque) et comme aucun parent ne s’était présenté pour la demander, et que personne ne connaissait son identité, ils décidèrent de l’adopter et de l’aimer comme leur fille. De la vraie mère de Stella, il ne lui reste qu’un médaillon et un hochet. Stella est une petite fille curieuse, très curieuse, avide d’érudition et assoiffée de découverte. Elle est fondamentalement bonne et honnête. Elle aime par-dessus tout la nature et les animaux et l’injustice la fait souffrir jusqu’au plus profond d’elle-même. Elle est prête à tout pour aider son prochain…

Zachary est un déserteur. Noble de naissance, il s’appelle en fait Anthony Louis Marie O’Connell. D’origine anglaise par son père et française par sa mère, il a été « enrôlé » sur le navire de son oncle, le frère de son père décédé, en tant que midship. Il a environ 15 ans. Il n’a pas pu supporter longtemps les horreurs de la guerre et les traitements qu’il subissait sur le navire, où une discipline de fer régnait. Alors une nuit, quand il a décidé qu’il ne pouvait plus le supporter, il a profité d’une escale de son navire dans un port pour sauter à la mer et s’enfuir… Il erre alors dans la campagne anglaise, en essayant de se faire discret. Jusqu’au jour où il tombe sur la fermette Sprigg. Ce fut pour lui une révélation. À la nuit tombée, Stella découvre sa présence et lui apporte de quoi se sustenter… la rencontre entre les deux jeunes gens changera définitivement et considérablement leur manière d’aborder la vie, à tous les deux…

 

Plus tard dans le roman entreront en scène deux autres personnages qui a leur tour auront leur importance dans le récit : Charles de Colbert, un aristocrate français (on le devine à son nom) qui, après avoir perdu tous ses biens et toute sa famille dans des circonstances tragiques, décide de se couper du monde et devient ermite.

Il y a aussi Mrs Loraine, qui offrira à Stella ce qu’elle n’a pas eu la possibilité d’avoir chez Papa et Maman Sprigg….

 

En fait, durant les deux premières parties de ce roman, il ne se passe pas vraiment grand-chose. On a l’impression que l’histoire sert de support à la poésie d’Elizabeth Goudge, de matière pour décrire les beautés de la nature, des étoiles, de certains caractères. Tout est présenté de manière merveilleusement belle, le roman foisonne d’adjectifs laudatifs et de descriptions détaillées qui nous donnent l’impression d’être là, dans un coin de la pièce, sur une branche d’un arbre, dans la grange… C’est vraiment très beau ! C’est plus ou moins comme cela pendant les deux premières parties du livre, soit les trois quarts. Puis, il y a la troisième partie. Cette troisième partie, chers lecteurs, est complètement différentes du reste du roman. On a comme l’impression que tout le début du roman a surtout servi à amener à cette dernière partie. Le dernier quart du libre est plutôt sombre. Des beautés de la campagne, on passe dans les prisons insalubres de Londres. De la douceur des fermiers, on passe à la brutalité des rixes de rue. On découvre la noirceur des rues, des âmes, des cœurs. Dans cette troisième partie, les adjectifs laudatifs ne sont plus si présents, plus si foisonnants. Et pourtant, chers lecteurs, c’est cette troisième partie qui a achevé de faire de ce roman que j’aimais jusque là, un coup de cœur. Un vrai coup de cœur !!!! Parce qu’elle vient apporter cette part de noirceur qu’on ne peut ignorer, parce qu’un monde, même dans les livres, n’est jamais tout rose et parce que cela donne aux personnages principaux la possibilité de se surpasser eux-mêmes, de se découvrir des talents cachés et de surmonter leurs angoisses. Parce que malgré tout, il en faut, de la noirceur, pour rehausser le bien. Parce que la campagne, la vie tranquille, paraissent d’autant plus belles et attirantes une fois qu’on a goûté à la vie londonienne. Vraiment, cette troisième partie est belle, vraiment belle !!!

 

Il y a juste une chose qui m’a chiffonné durant la première moitié du roman, mais je pense que c’est un problème de traduction… la traductrice a une tendance nettement prononcée à placer les adjectifs avant le nom. Je sais, je sais, je ne devrais pas me focaliser sur ce genre de détail, c’est sûrement une licence poétique destinée à renforcer la beauté du style, mais que voulez-vous… déformation professionnelle, c’est le genre de détail qui me perturbe beaucoup. Donc, en l’occurrence, malgré tout l’enthousiasme que suscitait ce livre en moi, je ne pouvais m’empêcher de lever les yeux au ciel quand je tombais sur une occurrence de l’adjectif avant le nom….

Je dirais bien aussi (et là encore, cela ne concerne que la première moitié du roman) qu’à mon goût, la religion et les bienfaits de Dieu sont un peu trop présents. Ah, et le livre a aussi un tout petit peu trop tendance à encenser le peuple anglais (et ce malgré tout l’amour que je porte aux Britanniques) au détriment des autres, notamment des français. Voilà, ce sont les seuls reproches que je peux faire à ce roman.

 

Hormis ce petit détail, qui est vraiment minime, chers lecteurs, je savoure cette lecture, je m’échappe dans un univers bucolique qui m’enchante, je vis littéralement dans cette Angleterre datant de deux siècles… et j’adore ce livre…

 

En résumé, chers lecteurs, ce fut une très, très belle découverte que ce roman, dont je remercie sincèrement Fashion… et je n’hésiterais pas à continuer ma découverte de Mrs Goudge en empruntant les autres romans à la bibliothèque (en anglais, si je peux…), parce qu’à mon grand désarroi, ses romans ne sont pas trouvables ici, au Québec !!!

 

 

La Colline aux gentianes (Gentian Hill)

Elizabeth Goudge

Traduit de l’anglais par Yvonne Gibaut

Edition Phébus libretto

412 pages

4,5/5

Par Pimpi - Publié dans : Lectures victoriennes d'hier et d'aujourd'hui
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Mardi 3 mars 2 03 /03 /Mars 00:06

Le 9 juin 1865, Dickens et sa maîtresse reviennent en secret à Londres lorsque leur express tombe dans un trou sur la voie. Tous les wagons de première classe s’écrasent dans la vallée, à l’exception de celui qui transporte Dickens… Lorsque ce dernier descend dans la vallée pour essayer de porter secours aux survivants, une rencontre avec un mystérieux personnage va changer sa vie pour toujours…

 

Voilà donc le billet sur un livre dont nous parlons beaucoup depuis un bon mois, Karine et moi. Maintenant que le livre est lu et le billet publié, nous allons pouvoir passer à autre chose J ! Je suis sûre que vous serez tous soulagés de ne plus nous entendre parler de Drood à tort et à travers !

 

Bon, de quoi est-il question dans ce livre. Isil en a déjà parlé et normalement, Karine publie son billet en même temps que moi. Je vous enjoins donc à consulter leurs blogs pour avoir d’autres points de vue que le mien !

 

Dans ce roman, il est question de deux auteurs que vous et moi, chers lecteurs, connaissons très bien suite au magnifique swap victorien organisé par nos deux Victoriennes de cœur, Lou et Cryssilda : Charles Dickens et William Wilkie Collins. De manière plus précise, il est question des cinq dernières années de la vie de Charles Dickens racontées par Wilkie Collins, que tout le monde sait être un grand ami de Dickens.

Mais il n’est pas seulement question d’eux. Il est aussi question de Drood. Drood est un personnage très mystérieux dont on ne sait pas tellement de choses. Il apparaît à Dickens tel un fantôme le jour de l’accident et fait ensuite son apparition à quelques reprises dans le roman, mais finalement, il est un peu comme la fameuse Arlésienne de Daudet. On en parle beaucoup mais on le voit peu. Par contre, de ce qu’on sait, c’est un personnage dangereux, trèèèèès dangereux, que je ne voudrais rencontrer dans une ruelle sombre pour rien au monde !!! Comme on s’en doute, je ne spoile rien en disant cela, Drood est ici le personnage qui a inspiré à Dickens son dernier roman, dont il a été question dans cet humble blog il y a de cela quelques semaines et qui a fait couler beaucoup d’encre parmi les aficionados du maître, à savoir The Mystery of Edwin Drood (ou MED, pour les experts).

 

Je n’ai pas l’intention de spoiler le roman ici, donc je vais essayer de me contenter de remarques d’ordre générales sur l’impression que m’a laissé ce roman. J’ai terminé de le lire samedi soir, épuisée par deux semaines de lecture intense et la première impression qui s’échappe de ma lecture est que même si d’un point de vue linguistique le roman n’est pas difficile à comprendre, j’ai trouvé cette lecture épuisante. Après avoir tourné les dernières pages du roman, j’ai ressenti comme une fatigue intellectuelle et un besoin de faire un break. C’est dire à quel point ce roman est dense ! Car ce sont 800 pages (770 pour être précise) bien pleines et qui racontent énormément de choses. 5 ans de la vie de Dickens et de Collins racontées en 800 pages, on ne croirait pas, mais c’est du lourd ! Pourtant, malgré cette fatigue intellectuelle (accentuée par le travail, on s’entend) ne s’accompagne pas d’un avis négatif. Au contraire. La fin m’a réconciliée avec l’ensemble du roman. Car j’avoue que je me suis très souvent demandée où tout cela nous menait. Collins est le roi de la digression et je pense qu’environ 200 pages de ce roman auraient pu être coupées. Mais elles sont là et elles concourent à nous donner une autre vision de Collins.

 

Ce roman, chers lecteurs, tourne beaucoup, mais vraiment beaucoup, autour de la dépendance de Collins au laudanum et à l’opium pur et aux effets que la prise de cette drogue a pu avoir sur sa « santé mentale ». Je ne sais pas si vous le savez, mais Collins avait lui-même avoué être tellement dépend au laudanum, qu’il prenait pour soulager sa goutte, qu’il ne se souvenait pas avoir rédigé la moitié de son roman le plus connu, The Moonstone (d’ailleurs, j’aime autant vous le dire, chers lecteurs, je vous conseille de lire ce livre avant de lire Drood si vous voulez garder tout le mystère du roman, car il est décortiqué en long, en large et en travers et la solution du mystère est également fournie, vous êtes prévenus…). C’est exactement cet aspect de sa vie qui est mis en avant dans ce roman et c’est ce qui fait exactement la particularité du roman. On ne sait JAMAIS si ce que Wilkie Collins raconte est la vérité ou une sorte d’hallucination sortie de son imagination d’opiomane paranoïaque. J’avoue que cet aspect du roman m’a plus d’une fois déstabilisée et il est arrivé plus d’une fois de ne pas croire tout simplement à ce que je lisais. Le personnage de Wilkie Collins est présenté ici comme un être parfaitement désagréable, macho au possible (je ne parlerais pas de son comportement envers sa compagne, je risquerais de devenir moi aussi désagréable) et paranoïaque qui plus est. Si je n’avais pas déjà lu et adoré La Dame en blanc, je ne suis pas sûre que j’aurais eu envie de le découvrir après avoir lu ce roman ! Il est présenté comme un personnage ambigu, qui oscille entre une admiration sans borne et une haine féroce pour son ami et mentor Dickens. On dit souvent que l’amour et la haine sont deux sentiments très proches l’un de l’autre, ce roman en est l’illustration parfaite ! Il est plus ou moins réhabilité dans les dernières pages du livre, que les pro-Wilkie se rassurent !

Donc, je disais que le roman tourne principalement autour de l’addiction à l’opium de Collins, puisque c’est lui le narrateur, et des méfaits sur sa santé mentale. C’est fou, quand on y pense, la manière dont cette drogue influe sur la perception du monde qui entoure ! Si je ne connaissais pas si bien Dan Simmons et si je ne savais pas qu’il effectue des recherches très minutieuses avant d’écrire un roman, je n’y aurais tout simplement pas cru ! Déjà que même en sachant cela, il y a beaucoup de passage qui m’ont semblés très étranges et bizarres…

Mais ce roman tourne aussi autour de Dickens. Il est quand même question des cinq dernières années de sa vie, ne l’oublions pas et les digressions d’opiomane de Collins viennent se greffer sur le récit de la vie de l’auteur de Our Mutual Friend et de Bleak House. Il est beaucoup question de ces deux romans dans l’histoire et devinez quoi ??? J’ai très très envie de les lire maintenant ! C’est un des points qui m’a le plus plu dans ce roman, l’abondance de référence à l’œuvre de Dickens et de Collins et la manière dont elle prend sa source dans leur quotidien à tous les deux, avec quelques extraits qui m’ont mis l’eau à la bouche, je ne vous en dis pas plus, chers lecteurs !!

Ce roman tourne autour de Dickens, l’auteur, mais aussi Dickens l’adepte du mesmérisme. Bon nombre d’aspects du roman tournent autour de cette discipline dont Dickens était particulièrement friand et qu’il pratiquait lui-même sur les autres.

 

Un des aspects du roman qui m’a le plus plu, ce sont bien évidemment toutes les références, qui en ont fait la raison pour laquelle j’ai aimé. S’il avait été question d’autres personnalités, je ne suis pas totalement sûre que j’aurais aimé autant que cela. Mais voilà, c’était Dickens, c’était Collins, c’était autour de la littérature, alors il ne m’en fallait pas plus. Le livre se lit globalement assez vite (certes, j’ai mis deux semaines, mais il faut savoir que ce furent deux semaines difficiles au travail et que je rentrais épuisée le soir et donc je n’avais pas la force de lire très tard) car le style est assez clair. Ce n’est pas tout à fait celui des Victoriens, mais il s’en rapproche assez pour faire illusion. D’ailleurs, j’ai été vraiment surprise les premières pages car j’ai lu plusieurs livres de Dan Simmons et le style qu’il a adopté ici est bien loin de celui que j’ai l’habitude de lire dans ses romans… mais une fois la surprise des premières pages passée, je me suis mise dedans et je n’en suis plus ressortie. La langue est prenante et on a du mal à se détacher du roman une fois qu’on l’a commencé. Les premières 400 pages sont assez longues, car denses du point de vue des informations qui sont fournies, mais les 400 suivantes se concentrent surtout sur l’action et l’intrigue du roman. Malgré l’aspect bizarre de certains passages, le lecteur est tellement pris par sa lecture qu’il continue de tourner les pages, les unes après les autres, avide d’en savoir plus et de comprendre. Il faut d’ailleurs attendre la fin pour comprendre. Je ne vous en dis pas plus, si ce n’est le même conseil qu’Isil, soyez attentifs dès le début… je pense vraiment que c’est un livre que je relirai, car il est tellement dense qu’on ne peut pas tout saisir à la première lecture (du moins, moi, je ne peux pas). Je pense que j’attendrai d’avoir écumé une grande partie de l’œuvre de Dickens et de Wilkie Collins pour le relire, histoire de mieux comprendre les références aux personnages dont il est question. J’ai loupé beaucoup de références parce que je n’avais pas lu Bleak House et Our Mutual Friend !

 

Voilà, chers lecteurs, c’est la fin de mon billet. Très long, et pourtant, j’ai l’impression de n’avoir rien dit. Mais je ne veux pas trop en dévoiler pour ne pas spoiler ceux qui souhaiteraient lire ce roman. Je suis sûre que maintenant que vous êtes arrivés à la fin de ce billet, vous vous demandez encore si j’ai aimé ou pas… OUI, chers lecteurs, j’ai aimé. Malgré tout ce que j’ai pu dire, malgré toutes mes réticences et mes doutes durant la lecture, malgré le fait que je n’arrivais tout simplement pas à associer le personnage décrit ici avec celui qui a pu écrire The Woman in White, que j’ai tellement aimé, j’ai aimé ce roman chers lecteurs. Alors oui, je le conseille à tous ceux qui aiment Dickens et Collins… maintenant, à vous de voir si vous souhaitez le lire ou pas !!

Par Pimpi - Publié dans : Lectures victoriennes d'hier et d'aujourd'hui
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