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Littérature contemporaine

Samedi 29 août 2009



Une enfant abandonnée... Sur un bateau en partance pour l’Australie, une petite fille de 4 ans se cache, terrorisée. Elle ne doit pas parler, pas bouger. Elle attend la conteuse, une femme mystérieuse qui lui a assuré qu’elle reviendrait. Mais le navire lève l’ancre et la conteuse n’est pas revenue...

 

Un terrible secret... La nuit de son vingt-et-unième anniversaire, une bouleversante révélation change la vie de Nell à jamais. Des années plus tard, elle part en Angleterre, à la recherche de ses origines...

 

Un étrange héritage... À la mort de sa grand-mère, Cassandra hérite d’un mystérieux cottage en Cornouaille dont le jardin secret pourrait bien apporter les réponses au mystère d’une petite fille abandonnée... 

 

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Je n’aurais jamais lu ce livre si ma maman, lorsqu’elle est venue me rendre visite au printemps dernier, ne me l’avait  pas laissé (avec un copain à lui… deux, c’est mieux), en me disant qu’elle aimerait bien mon avis sur ce livre. Alors là, devant tout le monde, je te dis merci, maman, parce que ce livre, je l’ai adoré !!

 

Dans ce roman, nous suivons en parallèle les destins croisés de plusieurs personnes : celui de Nell, une petite fille trouvée par une famille australienne dans un port, en 1913. Elle semble avoir fait le trajet sur le bateau qui vient d’accoster avec à son bord de nombreux immigrants, mais elle a complètement perdu la mémoire et ne peut même pas dire son nom. Lorsque la vérité sur son identité lui est révélée, elle a 21 ans. Elle encaisse la nouvelle mais change à jamais. Bien plus tard, elle entreprend de découvrir qui elle est et qui sont ses parents, avec pour tout indice une petite valise blanche, qu’elle avait avec elle sur le bateau, et un nom… La Conteuse.

 

Nous suivons également le destin de Cassandra, en 2005, petite-fille de Nell. Sa grand-mère vient de décéder en lui léguant une petite maison en Cornouailles. Après avoir appris le mystère qui entoure la naissance de sa grand-mère, elle suit les pas de cette dernière sur les traces de son identité…

 

Petit à petit, à mesure que Nell et Cassandra découvrent, à 30 années de distance, le secret de l’identité de Nell, on découvre le destin de sa famille. Eliza Makepeace, Rose Mountrachet, Nathaniel Walker… quelques uns des noms qui ont eu beaucoup d’importance dans la vie de Nell et qui ont scellé son destin. Petit à petit, à force d’aller et retour entre les années 1900, les années 1970 et l’année 2005, se démêlent des fils emmêlés depuis des décennies et le lecteur apprend comment la petite Nell s’est retrouvée seule, abandonnée, sur un bateau en partance pour l’Australie…

 

Un roman que j’ai donc vraiment beaucoup aimé, chers lecteurs. J’ai toujours un faible pour les histoires de secrets de famille, les romans construits sur un parallèle entre plusieurs époques, j’aime voir le destin de plusieurs personnes se décider en même temps, comprendre le pourquoi du comment, petit à petit. L’auteur a judicieusement construit son roman pour que chaque chapitre qui se termine donne envie de lire le suivant, les faits se dévoilent petit à petit et on a vite fait de se trouver pris dans l’histoire de cette famille et de ses terribles secrets, de tourner les pages avec fébrilité pour savoir si oui ou non, ce que l’on soupçonne s’est vraiment passé…

 

Sans oublier la présence des contes, qui se fait beaucoup sentir partout dans le roman !

 

Un roman prenant et fort en émotions, donc, chers lecteurs, que je ne regrette pas le moins du monde d’avoir lu. Une très belle découverte et une auteure que je vais suivre, assurément. Merci, maman !!!

 

The Forgotten garden

Le Jardin des secrets

Kate Morton

France Loisirs

746 pages

4,5 /5


Il va se soi que la lecture de ce roman ne change en rien l'état de ma PAL... puisque c'est un prêt!

Par Pimpi
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Mardi 25 août 2009

Et si Peter Pan se cachait derrière Jack l’Éventreur ?

Voilà l’une des ténébreuses hypothèses de Pierre Dubois.

Imprégné des personnages des frères Grimm ou de Charles Perrault, il se livre ici à une réécriture un tantinet diabolique des contes ayant bercé notre enfance.

Machiavélique, le mariage improbable des contes de fées avec le roman policier produit des monstruosités, des vengeances fatales de personnages depuis toujours persécutés : Cendrillon, lolita victime d’un prince héritier, la Belle au bois dormant, otage pathétique d’un époux déséquilibré. Inspirant la mise en scène macabre d’un tueur en série qui opère au cyanure, Blanche-Neige pose une énigme à C. Marmaduke Perthwee, fantastique détective des contes de fées qui sait faire parler les nains de jardin, troublante signature du meurtrier.

Rondement troussés par l’elficologue Pierre Dubois, Les Contes de crimes exhalent la musique envoûtante de ce familier « Merveilleux Voisinage ». Noirs à souhait, ils font aussi entendre un humour sardonique qui fait frissonner.

 


C’est Dda, du  Biblioblog, qui m’a donné envie de lire ce livre. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, chers lecteurs, mais j’aime bien les contes, surtout ceux des frères Grimm, que je trouve (et à juste titre) moins rose bonbon que les versions de Perrault (que j’aime également beaucoup, que l’on n’aille pas se méprendre).

 


Dans ce recueil de nouvelles, les contes sont utilisés comme inspiration pour des meurtres plus sordides les uns que les autres et qui donnent du fil à retordre à un personnage récurrent dans plusieurs contes : Perthwee, le détective de choc (et de charme, qui sait ?) qui décrypte les meurtres et trouve le meurtrier plus vite que l’éclair… C’est ainsi que l’on apprend comment, derrière Jack l’Eventreur, se cache en fait Peter Pan (je ne vous dévoile rien, le titre du conte est lui-même la révélation), comment on voit une Cendrillon assassiner un prince qui, dans un élan de lubricité, a voulu profiter de sa naïveté. Comment un homme s’inspire du conte de la Belle au bois dormant pour assassiner sa femme et ce qu’il est advenu de lui…

 


Dans une langue magnifiquement belle qui n’est pas dépourvue d’un certain humour (noir, il s’entend), Pierre Dubois reprend les contes de notre enfance pour les assaisonner à la sauce policière et nous servir une brochette de contes de crimes tous plus cyniques et grinçants les uns que les autres, délicieusement épicés sans pour autant être agressifs.

 


Bien entendu, j’ai mieux aimé certains contes que d’autres. Par exemple, Cendrillon, qui reste un de mes contes préférés depuis toujours (avec La Belle et la Bête, même s’il n’est pas de Grimm), arrive en tête. Le conte de Rapunzel aussi, était très bien. J’ai moins aimé le conte de l’amandier, et aussi Blanche-neige…

 


En bref, chers lecteurs, un livre que je suis ravie d’avoir lu et qui se trouve être globalement un pur bonheur de lecture, tant pour la qualité du sujet que pour la beauté et la maîtrise de la langue française, à laquelle Pierre Dubois rend un hommage tout aussi important qu’aux contes… A lire, indéniablement, chers lecteurs !

 


Et parce que je vous aime bien, je vous donne la liste des contes que l’on y trouve, histoire de vous appâter…

La belle au bois dormant

Riquet à la houppe

Cendrillon

Le conte de l’amandier

Rapunzel

Barbe de grive

Peter Pan

Petite table, couvre-toi

Le petit chaperon rouge

Blanche-neige

 

 

Les Contes de crimes

Pierre Dubois

Ed. Hoëbeke, Bibliothèque Elfique

257 pages

4 /5

Livre emprunté à la bibliothèque et lu avant le début du défi Objectif PAL... donc, PAL en standby pour le moment...

Par Pimpi
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Mercredi 24 juin 2009

Un vieil écrivain, monsieur Waterman, vit à Québec dans une tour. Sa traductrice, la jeune Marine, est une Irlandaise aux cheveux roux et aux yeux verts; elle habite un chalet à l'île d'Orléans, parmi les chats, les ratons laveurs, les hérons bleus et les chevaux de course à la retraite. Entre ces deux personnages se tisse une relation amoureuse peu ordinaire: elle naît sur la Piste de l'Oregon, grandit avec leur passion commune pour la musique des mots et atteint sa maturité dans une enquête sur une mystérieuse adolescente qui leur met le cœur à l'envers.

 

Plusieurs raisons m’ont poussée à lire ce roman. D’abord parce que j’ai entendu beaucoup de bien de son auteur, par plusieurs personnes différentes qui ont des goûts similaires aux miens. Et puis, la traduction, c’est mon métier (ne vous emballez pas, mon métier est loin d’être glamour ou excitant ! Pas depuis quelques mois, du moins), alors fatalement, un jour ou l’autre, j’allais lire ce roman.

 

Je l’ai donc emprunté à la bibliothèque. Et pour être honnête, vu le prix des livres francophones au Québec, je suis bien contente de ne pas l’avoir acheté (imaginez-vous que pour le prix d’un seul livre en français, on pourrait avoir deux romans en anglais ??? Mon choix est vite fait, dans ce cas-là!).

 

J'en suis fort marrie, chers lecteurs, mais je vais être bien en peine d’écrire quoi que ce soit sur ce roman. Il m'a tout simplement laissée froide. Les mots, qui sont si poétiques et enchanteurs aux yeux de beaucoup de lecteurs, ne m'ont pas touchée. Je n'ai pas détesté le roman, mais je ne l'ai pas aimé non plus.

 

Ce livre, je l’ai lu surtout pour voir comment le métier de traductrice était mis en scène, mais j’avoue que l’univers décrit dans le roman et le mien, celui que je vis tous les jours, sont diamétralement opposés. Déjè parce que je ne suis pas traductrice littéraire… j’œuvre dans des domaines bien plus bassement matériels, moins glamour et d’une complexité très différente de celle que peuvent rencontrer les traducteurs littéraires (dont j'admire le travail, soit dit en passant). Dans ce roman, je n'ai pas reconnu ce qui fait mon quotidien. Plus personne ne travaille avec des dictionnaires papiers, par exemple. Du moins, pas dans ma réalité à moi.

 

De plus, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, celui de la traductrice, celui de l’écrivain, celui de la jeune fille. Je ne sais pas pourquoi, ils me sont restés complètement indifférents, leur sort m’importait vraiment peu…

 

Alors voilà, je suis désolée pour tous ceux et toutes celles qui vénèrent Jacques Poulin. Entre lui et moi, ce fut une rencontre ratée. Il est passé par ici, mais ne repassera plus par là.

 

Alors courage, chers lecteurs, tournons la page et passons à un autre livre !!!

 

La traduction est une histoire d’amour

Jacques Poulain

Lemeac

134 pages

3 /5

Par Pimpi
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Mercredi 6 mai 2009

Milanaise romantique, Emma décide de changer radicalement de vie en ouvrant une librairie de quartier baptisée Rêves&Sortilèges.
Le charme et l'originalité de sa boutique résident dans sa spécialité : les livres consacrés à l'amour. Emma, qui semble s'être résignée au célibat depuis son divorce, na pas son pareil pour dénicher l'ouvrage qui aidera un client perdu sur la carte du Tendre. C'est évidemment par l'intermédiaire d'un livre qu'Emma retrouvera Federico, son grand amour de jeunesse. Alors qu'ils ne se sont pas vus depuis trente ans, tout se passe comme s'ils ne s'étaient jamais quittés.
Si ce n'est que Federico vit à présent à New York, où il est architecte, marié et père d'une adolescente. Malgré tout, Federico et Emma entament une relation épistolaire, après avoir ouvert chacun une boîte postale dont ils sont les seuls à connaître l'existence. Dans ce roman hors normes, Paola Calvetti rend un vibrant hommage au pouvoir des mots et de la littérature. A lire pour rêver, les yeux ouverts, à toutes les possibilités de l'amour.

 

Chers lecteurs, il y a plusieurs catégories de livres. Il y a les livres que l’on adore et ceux que l’on déteste. Il y a les livres qu’on « aime bien » et ceux qui nous laissent indifférents. Et il y a la dernière catégorie de livres. Ceux qui vous parlent. Ceux qui vous touchent. Ceux qui résonnent tellement en vous qu’on croirait que l’auteur a écrit le livre pour vous, spécialement pour vous. Ces livres-là vous font du bien, vous réconfortent, vous parlent, voire vous redonnent espoir. Vous les aimez, vous les chérissez et vous ne pouvez pas les partager. Vous aimeriez que les autres aiment le livre autant que vous mais en même temps, il est comme « à vous » et vous voulez le garder pour vous toute seule. Vous savez que les autres lecteurs pourront aimer le livre, mais pas autant que vous. Parce que lui et vous, c’est spécial. Ça a trait à votre histoire personnelle, à vos blessures, à vos désirs, à vos ambitions, à vos rêves, à beaucoup de choses si personnelles que personne ne pourrait comprendre exactement ce que la lecture de ce livre vous fait.

 

Je vous dirais chers lecteurs que l’Amour est à la lettre A entrera pour moi dans cette catégorie. Ce qui signifie, en d’autres termes, que je vais avoir du mal à vous dire la raison pour laquelle j’ai adoré ce livre. À vous expliquer à quel point j’ai pu m’identifier à Emma, l’héroïne, interprète de métier reconvertie en libraire sur le tard et qui a décidé d’ouvrir une librairie spécialisée dans les romans d’amour. À vous dire combien je me suis reconnue dans ses manies de lectrice, dans ses propos, dans ses sentiments, malgré la différence d’âge qui nous sépare.

 

Par contre, ce que je peux vous dire, c’est que ce roman est des plus agréables à lire. Il s’agit d’un roman hybride, à mi-chemin entre le récit et le roman épistolaire. C’est un roman d’amour, un roman sur l’amour. L’Amour avec un grand A, celui que l’on retrouve dans les plus beaux livres, dans les plus grandes histoires, mais aussi l’amour avec un petit a, celui des petites gens, des jeunes, des plus âgés, l’amour des livres et de la littérature, du pouvoir des mots, l’amour des gens, l’amour de la beauté, de la nature.

 

Dans ce roman, on retrouve des références à chaque page. Le livre est ponctué de citations de Jane Austen, de référence à des œuvres connues telles qu’Anna Karenine, Le Vieux qui lisait des romans d’amour, Les Hauts de Hurle-vent, mais aussi à des livres moins connus de nous, surtout en littérature italienne (l’histoire se passe à Milan, vous l’ai-je dit ?). On y croise Nick Hornby, au détour d’une page. Comment résister à un roman bourré de références littéraires (avec un côté roman épistolaire en plus) ? Moi en tout cas, je ne peux pas.

 

Dans ce roman, Emma, interprète quinquagénaire, divorcée, lassée de son métier et des voyages, décide d’ouvrir une librairie spécialisée dans les romans autour de l’amour : Rêves&Sortilèges. Un beau jour, en nettoyant les étagères, elle remarque un post-it dans un des romans et découvre sur ce post-it le numéro de téléphone de son amour d’il y a trente ans, Federico. Après moult hésitations, elle l’appelle et ils se voient. Federico est architecte, il habite New York… Ils entament alors peu après une correspondance qui durera plusieurs années. À travers cette correspondance, on découvre deux mondes parallèles, celui de Federico, architecte à New York, qui nous emmène sur ses traces à travers la ville, à travers ses découvertes et le 11 septembre, et celui d’Emma, sa librairie, ses clients, ses appréhensions face à la technologie moderne, son assistante, sa meilleure amie et son comptable. Et son fils. Et les quelques jours où ils se retrouvent, à Belle-Isle, en Bretagne. Quelques jours rien que pour eux, avant que chacun reprenne sa vie.

 

J’ai tout aimé dans ce roman. Le style, (fluide et enlevant), le genre (mélange de récit et de roman épistolaire), le contexte (la librairie d’Emma, ses début, ses clients et ses amis, l’histoire d’amour, impossible, et pourtant… Ce livre, s’il n’est un coup de cœur que pour une poignée de gens comme moi, a de bonnes chances pour les autres d’être tout de même une lecture agréable, divertissante et enrichissante car j’imagine que toute lectrice aime à retrouver des titres qu’elle a lu ou pas dans un roman. J’ai aimé que ce roman mette en scène des personnages que l’on pourrait qualifier de banals, des personnages de tous les âges et de toutes les catégories sociales, des personnages comme vous et moi. Beaucoup de lectrices se retrouveront dans Emma comme je l’ai fait, j’en suis persuadée.

 

En bref, chers lecteurs, cette lecture, je l’ai adorée et savourée… je la recommande à toutes les lectrices et toutes les romantiques, à toutes les amoureuses des livres, à toutes les amoureuses des gens…

 

Vous trouverez sur la blogosphère quantité d’autres avis, car je suis loin d’être la seule à avoir reçu la proposition de Chez Les Filles… Globalement, l’accueil semble assez bon !!! Alors ne résistez pas plus longtemps et lisez-le !

 

L’amour est à la lettre A

Paola Calvetti

Presses de la cité – 381 pages

 

(Je tiens à signaler tout de même que ce livre est mon premier service de presse… est-ce un signe que mon blog commence à entrer dans la cour des grands ?? Si c'est le cas, c'est à vous, chers lecteurs, que je le dois!)

Par Pimpi
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Mardi 28 avril 2009

 

Dans un manoir anglais, à la fin du XIXe siècle, Emily Pearl a trouvé une place comme préceptrice du fils d'un lord. Le petit maître est attachant, son père est un veuf d'une séduction puissante. Emily entame avec ardeur cette existence prometteuse. Mais la réalité resterait fade sans les mots dont elle la colore, et sans les lettres de sa mystérieuse sœur Virginia, partie vivre en Amérique. A son journal, Emily confie son espérance de la rejoindre, ses bonheurs et frustrations, ses amours avec le maître des lieux, ses grands rêves et, bientôt, mille petits mensonges dont les conséquences parfois tragiques lui donnent le vertige... Dans ce livre bruissant de confidences et de passion, Cécile Ladjali déploie un art consommé du trompe-l'œil. Elle compose un faux roman de genre - victorien, domestique, intime - pour mieux explorer la condition d'une jeune femme anglaise à l'aube du nouveau siècle. Elle détourne, au passage, les règles et le code narratif du journal, et montre combien nos vies sont improvisées... comme nos fictions.

Chers lecteurs, je ne sais pas bien ce que je vais vous dire sur ce livre. Le mieux serait encore de commencer par le commencement et de remercier Uncoindeblog, grâce à qui, par le truchement de Karine :), j’ai pu lire ce livre que je souhaitais lire depuis des lustres (depuis le billet de Lilly, à vrai dire…). Bon, maintenant que je l’ai lu, je suis au moins satisfaite.

 

 


La question qui se pose, c’est est-ce que j’ai aimé ? Je dirais non pas que j’ai aimé, mais que j’ai bien aimé. Ce qui est en soi un peu décevant parce que je m’attendais plutôt à beaucoup aimer. Mais il faut reconnaître aussi, chers lecteurs, que je ne m’attendais pas non plus à ce que j’ai lu. Mon imagination, allez savoir pourquoi, s’était faite à l’idée de lire un livre du style de Jane Eyre (où ai-je pu pêcher une idée pareille, je vous le demande !!). Sauf qu’en l’occurrence, ce n’est pas du tout le cas. Loin de là, même !

 

 


Mais j’ai quand même bien aimé. Ce livre est le journal intime d’une jeune fille, préceptrice chez un lord de la région, dont le fils, Terrence, est atteint d’une difformité de la tête due à l’utilisation des forceps à sa naissance et qui raccourcit sérieusement son espérance de vie. La jeune fille, Emily Pearl, est donc chargée d’enseigner à Terrence les impératifs (calcul, botanique, lecture…). Elle se prend vite d’affection pour lui, mais elle rêve à autre chose, à une vie plus exaltante. Elle se sent enfermée dans sa vie actuelle. Elle rêve à la vie de sa sœur, partie pour l’Amérique et qui, après moultes difficultés, finit par trouver une vie qui lui convient (même si cette vie connaîtra bon nombre de… rebondissements). Ses rêves, elles les consignent dans son cahier, témoins de ses moindres pensées, aussi horribles soient-elles, de sa vie, insipide, auprès de Terrence et de son père, Lord Auskin, de ses désillusions, de ses tentatives de mettre un peu de piment dans sa vie et des conséquences que cela peut avoir.

 

 


Ce qui m’a plu dans ce roman, c’est la manière dont est représentée la vie des jeunes filles à la fin du XIXè siècle dans la campagne anglaise. Elles n’avaient aucun pouvoir sur leur vie, si ce n’est celui de s’enfuir loin. Elles devaient obéissance, d’abord à leurs parents, puis à leur employeur, leur mari, etc. il y avait toujours une autorité supérieure pour les empêcher de mener la vie qu’elles veulent. Emily ne veut que s’échapper de cette vie, vivre autre chose.

 

 


J’ai bien aimé aussi que l’auteur aborde le thème de la calomnie et la foi accordée aux simples propos d’une personne. Il semble qu’à l’époque, personne ne se soucie tellement de cette chose aussi futile qu’est la vérité et donc il suffit qu’une personne qui passe pour digne de confiance dénonce une autre personne pour que le monde entier (au moins la maisonnée) soit convaincue de la culpabilité de ladite personne. Je trouve ça horrible ! Et c’est assez bien traité dans le roman…

 

 


Il y a d’autres éléments du roman qui m’ont plu, bien entendu, mais vous les décrire m’obligerait à vous en dire beaucoup trop et il est des choses qu’il vaut mieux découvrir par soi-même…

 

 


Mais alors, vous dites-vous, puisque tant de choses me plaisent dans ce roman, pourquoi cette réserve ? Je ne sais pas. Je ne suis juste pas complètement entrée dans le livre, je n’ai pas réussi à m’identifier aux personnages, ni à les trouver sympathiques (sauf Terrence, dont les réflexions et la maturité m’ont beaucoup touchée). J’avoue aussi avoir eu du mal à accrocher au style, ce journal sans entrées définies, sans marques de dialogue, comme si l’on écrivait au kilomètre, au fil de la plume. C’est quelque chose à quoi j’ai généralement du mal à accrocher. En bref, mon plaisir de lecture, comme dirait Karine, a été trop léger pour dire que j’ai vraiment aimé ce livre. Ce fut une lecture juste agréable, sans plus, mais c’est déjà ça, non ?? 

Les Vies d’Emily Pearl
Cécile Ladjali
Acte Sud, 190 pages

 

Par Pimpi
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