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Quête d'éternité (Filles de lune #4)  - Elisabeth Tremblay

Relecture presque finie, je vais pouvoir lire le dernier tome.

 

 

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16/06/2012

Bon, l'été a fait son apparition dans nos lointaine contrées!

Et j'ai perdu le contrôle de ma PAL alors que je n'achète pas de livres.

Cherchez l'erreur... :D

 

 

 

 

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21/03/2012 : 180 livres

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Littérature d'hier

Vendredi 15 janvier 5 15 /01 /Jan 00:30

TheBellJar


La quatrième de couverture de mon edition me semble parler d’une toute autre histoire, je ne crois pas que l’éditeur et moi ayons eu la même approche du livre alors j’ai decidé de ne pas la mettre…

 

 

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J’avais repéré ce roman chez Lilly, qui a toujours le dont de me donner envie de lire des livres qui pourtant ne sont pas pour moi. Je l’ai donc acheté, un peu anxieuse quand même, parce que bon, ce n’est pas tellement vers des livres aussi difficiles que je me tourne habituellement… Quand Dominique m’a proposé une lecture commune, je me suis dit que c’était le bon prétexte pour le lire, puisque j’en reculais la lecture tout le temps. Il me fallait cette influence externe pour m’y mettre vraiment.

 

Ce fut, comme je m’y attendais, une lecture difficile. Non pas que je n’ai pas aimé ce roman, ce n’est pas ça. Mais c’est réellement un livre qui n’est pas pour moi. Trop oppressant, peut-être. Sûrement, même.

 

Dans ce roman, nous assistons à la lente et triste descente aux enfers d’une jeune femme, jusqu’à la folie, la dépression, les tentatives de suicides. Raconté à la première personne, nous suivons le parcours d’Esther, qui, entre deux années d’étude, a gagné le droit de travailler pour un journal new-yorkais. Pour elle qui n’était jamais sortie de sa Nouvelle-Angleterre, cette expérience sera le début de la fin. Elle réalisera que finalement, elle n’est rien. Ni particulièrement intelligente, ni particulièrement douée, elle se demande où va sa vie. Et ce questionnement la conduira à la dépression. Elle ne dort plus, elle ne mange plus, elle ne lit plus, elle qui voulait être poète. Sa mère, désireuse de la soigner, l’emmène voir un psy. Électrochoc, internement, rien ne lui sera épargné, sauf que rien ne pourra la guérir vraiment, malgré les apparences… et lentement, inexorablement, elle nous fait comprendre qu’il n’y aura pour elle pas d’autre fin possible. Sa fascination presque scientifique pour le suicide et les avantages et les inconvénients des diverses méthodes, à laquelle s’ajoute quelques tentatives ratées, est bien claire pour le lecteur.

 

C’est un livre difficile. Je suis restée extérieure, je n’ai pas eu d’autre choix. Je me suis volontairement empêchée d’entrer dedans vraiment, pour pouvoir en ressortir indemne. On sent, de la façon dont la dépression est décrite, que l’auteur parle en toute connaissance de cause. Comment sinon expliquer cette précision dans les sentiments, dans les peurs, dans les idées ? Comment expliquer que ces propos semblent si vrais ? Et quand on sait que l’auteur s’est donné la mort peu de temps après la publication de ce livre, on ne peut plus douter de la part autobiographique du roman. Et c’est ce qui fait le plus mal, en fait, c’est de se dire que ce n’est peut-être pas que de la fiction et que des jeunes filles telles qu’Esther peuvent réellement perdre la foi en la vie et perdre la raison aussi facilement, qu’elles peuvent se briser aussi facilement, que nous pouvons nous briser aussi facilement. Ce parcours d’Esther, n’importe qui peut le vivre. Moi, vous…

 

Une lecture difficile, coup de poing. Je ne peux pas dire que j’ai aimé, mais je ne pas dire le contraire non plus… je ne sais pas si je dois le conseiller. C’est à vous de voir, chers lecteurs, si vous vous sentez assez fort pour lire ce roman…

 

 

(titre original) The Bell Jar

(traduction) La cloche de détresse

Sylivia Plath

4/5

 

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ObjectifPAL.jpgCe roman a été lu dans le cadre du défi Objectif PAL et en lecture commune avec Dominique.

 

LireEnVO.jpgCe roman entre aussi dans le cadre du défi Lire en VO!

Par Pimpi - Publié dans : Littérature d'hier
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Mardi 15 décembre 2 15 /12 /Déc 19:31



A Paris, la jeune Lizzie West tombe amoureuse de Vincent Deering, le père de la petite fille dont elle est l'institutrice. Devenu veuf, Deering doit repartir aux Etats-Unis. Les amants se promettent de s'écrire, mais rapidement Lizzie ne reçoit plus aucune lettre. Quelques années plus tard, elle le croise par hasard…

Une analyse fine et pénétrante du cœur d'une femme amoureuse par l'auteur de Chez les heureux du monde

 

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J’ai acheté ce petit roman en Folio 2 euros au salon du livre (je n’ai acheté que des romans en Folio 2 euros au salon du livre…). En fait, je ne voulais prendre que des romans d’auteurs russes, mais il me faisait de l’œil et je voulais découvrir Edith Wharton depuis quelques temps déjà. Je trouve que cette collection permet de se lancer dans la découverte d’auteurs qu’on n’aurait peut-être jamais lu sans eux… même si je préfère en général les gros pavés, j’avoue que pour découvrir, des romans courts et des nouvelles, c’est bien aussi.

 

J’ai donc profité du prix pour découvrir cette nouvelle d’Edith Wharton, Les Lettres, tirée du recueil intitulé Le fils et autres nouvelles. Grinçante, pour le moins, cette nouvelle… assez désabusée, même, je dirais.

 

L’héroïne est une jeune fille sans le sou, Lizzie West, qui tombe amoureuse du père de son élève. Un schéma classique. La femme du mari, de constitution fragile, décède subitement et le mari doit s’en aller pour les Etats-Unis pour gérer les biens de sa femme au nom de sa fille. Avant le départ, les deux amants s’échangent la promesse de s’écrire beaucoup. L’un des deux ne tiendra pas sa promesse… on se doute que c’est l’homme. Classique. Quelques années plus tard, un héritage a sauvé la jeune Lizzie de sa pauvreté et celle-ci fait maintenant partie du beau monde. Au cours d’une soirée, elle croise son ancien amant… une explication, et les voilà mariés, avec un enfant. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce que Lizzie découvre quelque chose qui fera basculer son univers…

 

Moi je dis, chers lecteurs, qu’avec des clichés pareils et des situations aussi invraisemblables, on aurait dû avoir une nouvelle peu intéressante, limite mièvre. Eh bien pas du tout, bien au contraire ! Sur un ton des plus naturels, Edith Wharton nous brosse le portrait de la femme amoureuse, délaissée, puis reconquise, puis lucide. Lorsque Lizzie soupçonne son mari d’avoir gentiment enjolivé la vérité pour la reconquérir lorsqu’il a appris sa richesse, elle veut d’abord tout quitter, là, tout de suite… mais son cheminement de pensée, plutôt intéressant et désabusé, lui fait renoncer à son projet. Elle mettra alors de l’eau dans son vin… baissons les masques et dévoilons la vérité sur les relations homme-femme, voilà ce que semble nous dire Edith Wharton avec cette petite nouvelle. Toute la nouvelle amène en fait au discours intérieur final de l’héroïne, à ses illusions qui volent une fois de plus en éclats et à ce qu’elle décide de faire pour conserver sa vie, celle qu’elle s’est créé…

 

Une nouvelle des plus grinçantes, chers lecteurs, mais qui me donne envie de lire d’autres choses d’Edith Wharton !

 

The Letters

Les Lettres

Edith Wharton

4 /5

 

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Ce livre entre dans le cadre du challenge Folio 2 euros !

  (quoi? oui, c'est tout... )

 

Par Pimpi - Publié dans : Littérature d'hier
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Mardi 20 octobre 2 20 /10 /Oct 13:51



Chers lecteurs, j’ai lu il y a quelques temps The Enchanted April et je dois avouer que je suis ressortie enchantée de cette lecture. Je publie aujourd’hui mes impressions de lecture sur le Biblioblog… pour lire mon billet, c’est là !!

 

 

The Enchanted April

Avril Enchanté

Elizabeth Von Arnim

Edition New York Review Books

247 pages

4 /5

 

 

 

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Livre lu dans le cadre du défi Objectif PAL

PAL = 130

Par Pimpi - Publié dans : Littérature d'hier
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Dimanche 9 août 7 09 /08 /Août 14:35

 « Je crois que c’est un homme. Je n’en avais jamais vu, mais ça en a tout l’air, et je suis certaine d’avoir raison. Il pique ma curiosité, je m’en rends bien compte, plus qu’aucun des autres reptiles. Si c’est bien un reptile, comme je le pense ; les cheveux ébouriffés et les yeux bleus, tout à fait l’allure des reptiles. Ca n’a pas de hanches, c’est taillé en pointe comme une carotte ; dressé, ça se dandine comme un ours ; c’est pourquoi je crois que c’est un reptile ; à moins qu’il ne soit là seulement pour décorer. »

 

Chers lecteurs, j’ai une confession à vous faire. Jamais encore je n’ai lu Mark Twain (je sais, j’ai honte, je me cache). Enfin, jusqu’à ce que je lise La vie privée d’Adam et Eve. Etonnant choix, n’est-il pas, pour découvrir le célèbre écrivain et je suis sûre que vous vous demandez quelle mouche a bien pu me piquer pour que je me lance dans ce roman. Eh bien, c’est très simple, en surfant sur Internet, je suis tombée sur un site qui donnait quelques titres de romans à lire pour rire aux éclats et ce livre faisait parti de la liste. En regardant sur le site de la bibliothèque, je me suis rendue compte qu’il ne faisait que 88 pages, alors il n’était plus question d’hésiter ! Je ne l’ai trouvé qu’en français par contre…

 

Ce roman est constitué de deux parties, écrites à plusieurs années d’intervalle et compilées à titre posthume, il me semble. Il y a d’abord le Journal intime d’Adam, puis le Journal intime d’Eve. L’extrait que je vous donne en présentation est tiré du journal d’Eve. Il montre parfaitement le ton du livre. C’est comme ça tout du long. C’est vraiment drôle, chers lecteurs, et cette vision de la création et du péché originel est des plus étonnantes !

 

Dans la partie constituant le journal d’Adam, celui-ci se plaint sans arrêt d’Eve, qu’il juge trop bavarde, trop curieuse et très énervante à vouloir donner des noms aux choses, parce que « ça a bien l’air d’être ça » (ce qui sous-entend, on le remarque, chers lecteurs, une connaissance théorique préexistante de la vie et des éléments qui la constitue : faune, flore, étoiles, etc.), alors que lui ne reconnait rien et à la limite, s’en fout un peu. La découverte d’un enfant (Caïn) donne lieu à des réflexions sur la nature de cet être bizarre extrêmement drôles (est-ce un poisson ? Eve ne veut pas retenter l’expérience de le laisser couler pour voir s’il nage… il semble faire partie des ours, au vu de sa façon de marcher, mais il présente quand même des différences avec eux…bref, ce genre de remarque, si vous voyez le genre, chers lecteurs).

La partie constituant le journal d’Eve est bien plus longue et étoffée (normal, Eve est une incorrigible bavarde et pourrait parler toute la journée sans jamais se lasser… hum), elle décrit les impressions d’Eve par rapport à ce qui l’entoure, à Adam, au monde en général. Elle donne un peu l’impression d’une Madame-je-sais-tout attendrissante et confiante. Son journal est très divertissant aussi, dans un genre différent. Autant Adam est rude et un peu brut de décoffrage, autant Eve parait plus sensible et plus ouverte au reste du monde. On aurait presque l’impression de lire Les hommes viennent de Mars et les femmes viennent de Vénus version Mark Twain (je n’ai encore jamais lu cet ouvrage, mais je me dis que ça doit contenir un peu le même genre de propos, sous une autre forme).

 

À me lire, on a l’impression que Mark Twain a voulu écrire un roman de psycho-pop. Je ne pense pas que ce soit le cas, mais je ne suis pas assez calée en explication de texte pour vous dévoiler le sens caché des propos de l’auteur dans ce petit livre (il doit y en avoir un, c’est sûr… mais lequel, j’avoue mon inculture sur le sujet). Ce qu’il m’en reste, au final, c’est une très agréable heure de lecture, quelques fous rires et une adoration des mots de la fin… lisez-le, chers lecteurs, si vous le pouvez, c’est vraiment quelque chose et il vaut largement le détour !!!

 

The Diaries of Adam and Eve

La Vie privée d’Adam et Eve

Mark Twain

Editions Proverbe

88 pages

4 /5

Par Pimpi - Publié dans : Littérature d'hier
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Mardi 9 juin 2 09 /06 /Juin 23:49

Le père chéri de Lucy Entwhistle vient de mourir. Elle a vingt-deux ans et est seule au monde. Alors qu’elle s’appuie contre la barrière de son jardin, les yeux dans le vide et malheureuse, elle se trouve dérangée par la présence de Mr Wemyss, lui-même également en deuil. En effet, sa femme est décédée dans des circonstances mystérieuses. Avant que Lucy ne puisse reprendre ses esprits, Mr. Wemyss, quadragénaire, a tout pris en charge : les funérailles, sa chère tante Dot, mais surtout Lucy elle-même, corps et âme…

 

Voilà longtemps que je cherche à lire Vera, chers lecteurs, celles qui l’ont déjà lu et qui ont publié des billets ont fait les frais de ma jalousie sur leur blog (Lilly, Allie, Rory… désolée !!). Finalement, après de vaines recherches dans toutes les librairies de Montréal, francophones ou anglophones, en désespoir de cause, j’ai fini par le commander sur amazon.co.uk… avec les deux saisons suivantes d’un certain Docteur…

 

J’ai donc fini par le lire, chers lecteurs. Karine m’a posé la question qui tue… valait-il de se donner autant de peine ? Après réflexion, je dirais que oui. Oui, parce que c’est un roman qui reste. Un roman si noir, si glacial, pour reprendre les termes d’Allie, qu’on ne peut pas le refermer et rester indemne. C’est la fin qui m’a permis de prendre cette décision…

 

Je préfère vous prévenir tout de suite que parler de Vera sans dévoiler une partie de ce qui constitue la trame du roman est tout bonnement impossible. Je m’en excuse par avance et conseille humblement à tous ceux et toutes celles qui ont l’intention de le lire dans un futur proche de ne pas lire mon billet…

 

Vera est un roman qui fait froid dans le dos. Un roman qui traite de l’emprise d’une personne sur une autre, celle d’un homme sur sa femme en l’occurrence.

 

Lorsque le roman s’ouvre, Lucy, l’héroïne, une charmante jeune fille d’une vingtaine d’année, est en grand deuil. Elle vient de perdre son père. Pourtant, elle semble plus abattue que réellement malheureuse, comme si elle ne réalisait pas bien… alors qu’elle est devant sa maison, les yeux perdus dans le vide, son chemin croise celui d’Everard Wemyss, un homme qui a deux fois son âge. Je dois vous avouer que je l’ai détesté dès son apparition, cet homme… Wemyss vient également de perdre sa femme, Vera, dans des circonstances tragiques. Meurtris tous les deux, Lucy et Wemyss se rapprochent aussitôt l’un de l’autre et tombent amoureux. En fait, Wemyss tombe amoureux. Lucy, elle, voit plutôt en Wemyss un substitut de son père. Il s’occupe d’elle, il la prend en charge, il organise les funérailles… ce n’est que plus tard, quand Wemyss est obligé de s’éloigner quelques temps, que Lucy tombe amoureuses de lui. Ou plutôt, des lettres qu’il lui écrit. Impatient, Wemyss veut tout de suite épouser Lucy et parvient à convaincre la jeune fille de s’enfuir avec lui, de cacher leur petit secret à sa tante qu’elle adore, Mrs Entwhistle. Mrs Entwhistle peut paraître désagréable, mais je l’ai bien aimée, dès le début. Je ne sais pas pourquoi, mais je lui faisais plus confiance qu’à Wemyss, qui m’inspirait un dégoût profond. J’avais l’impression que je pouvais lui faire confiance, à cette chère tante Dot, qu’elle protègerait Lucy…

 

Lucy est une petite chose qu’on a envie de protéger. Elle semble si fragile, si démunie… C’est un personnage que j’ai beaucoup aimé !!

Wemyss, quant à lui, est absolument insupportable. Il apparaît rapidement comme égoïste, dans le roman, mais comme Lucy, on n’y prête pas plus attention que cela. Il nous énerve, mais on finit par lui passer et oublier. C’est une fois que le mariage a été célébré que la personnalité de Wemyss se révèle au grand jour. Cet homme est un tyran ! Un dictateur ! Il fait tourner le monde autour de son nombril et attend des autres qu’ils le considèrent comme une priorité ultime. Il exige que ses moindres désirs soient satisfaits et fait une véritable fixation sur son anniversaire. On pourrait presque croire qu’il se prend pour le Messie ! Croyez-moi, chers lecteurs, une personnalité pareille, c’est à lui donner des baffes à longueur de journée ! Lucy a le malheur de sortir de la pièce et de la maison, horrifiée par sa manière de traiter une servante qui a eu le malheur de lui déplaire ? Il l’enferme dehors, verrouille la maison à double tour et la laisse se faire tremper un temps incalculable ! Quand enfin elle parvient à entrer dans la maison, il boude parce qu’elle a gâché son anniversaire, refuse de la voir, puis lui reproche d’être désobéissante. La pauvre attrape un coup de froid, ce qui s’avère être le comble de l’outrage ! Imaginez-vous qu’elle doit garder le lit (ce qu’il juge être un caprice d’enfant… n’a-t-il pas fait clairement comprendre quelle devait être prête à prendre le train à 9h pétantes ?) et ne peut pas l’accompagner à Londres ! C’est quasiment un crime de lèse-majesté !!! Et je ne vous dis pas tout ! Wemyss va jusqu’à chronométrer le temps qu’il faut aux servants pour faire un trajet donné et ainsi être prêt à remonter les bretelles à quiconque met 10 secondes de plus à répondre à la sonnerie persistante par laquelle il fait savoir qu’il désire qu’il ou elle vienne !!! C’est un personnage parfaitement insupportable !!!!

 

En plus, je le trouve à la limite du malsain… il appelle tout le temps Lucy sa « petite fille »… je trouve ça très malsain, pour ma part !

 

Face à lui, à sa tyrannie, Lucy, qui ne le connaît pas encore bien, continue de croire qu’il l’aime. Elle essaie de deviner la manière dont il va réagir mais comme elle est assez spontanée, il lui arrive souvent de dire des choses qui contrarient beaucoup Everard. Elle finit par ne plus rien dire, simplement acquiescer à tout ce qu’il dit, jusqu’à s’extasier suffisamment fort devant la maison de Wemyss.

 

Et Véra dans tout cela ? Véra est l’ancienne femme d’Everard. Décédée dans un accident tragique (elle est tombée d’une fenêtre). Mais était-ce vraiment un accident ? J’avoue qu’à la lumière du roman, je n’y crois pas… Au début, Lucy a un peu de mal à accepter de dormir dans la chambre ou Véra dormait et à vivre dans la pièce qui fut le théâtre de la mort de la pauvre femme. Mais petit à petit, à mesure que l’influence de Wemyss devient de plus en plus néfaste, qu’il lui sape le moral et la santé, elle trouve refuge auprès du souvenir de Véra. Comme si Véra lui donnait la force de continuer, de supporter, de vivre, tout simplement.

 

Et cette fin… en fait, ce n’est pas une fin. On a un vague espoir à un moment que la situation s’arrange pour Lucy grâce à l’intervention de sa tante, mais la pauvre se fait jeter dehors comme une malpropre quand elle ose s’opposer à Everard… et Lucy est laissée à son propre sort, entre les mains de l’ignoble Everard…

 

 

En bref, chers lecteurs, un roman formidablement noir et formidablement intéressant. Il m’a fait froid dans le dos et plus d’une fois, j’aurais hurlé d’impuissance face aux situations auxquelles je ne pouvais rien. Ici, pas de happy end. Pas de rose bonbon. Pas de guimauve. Mais une maîtrise de la psychologie époustouflante, un art consommé de la narration et une histoire qui fait froid dans le dos… un roman qu’on n’oublie pas, assurément !

 

Titre original : Vera

Traduction : Véra

Elizabeth Von Arnim

Virago Modern Classics

336 pages

4 /5

Par Pimpi - Publié dans : Littérature d'hier
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